OISEAUX MIGRATEURS
kA mademoiselle Carmen Genuys.
. a mère, les oiseaux du printemps nous reviennent Aux premiers jours d'avril, presque tous à la fois : La grive et l'hirondelle et le ramier des bois Ont heureuse mémoire et de loin se souviennent.
« Ils reconnaissent donc les arbres du pays,
Les prunelliers en fleurs sous nos claires fenêtres,
rrés et nos jardins, nos forêts de vieux hêtres Et jusqu'aux néfliers des petits bois taillis ?
— Les oiseaux, mon enfant, prennent la bonne route, Aimant à revenir près de leurs nids anciens. D'ailleurs chacun voyage accompagné des siens... De haut, l'œil voit très loin ; de haut, l'oreille écoute.
« Avant le grand départ, ils ont tenu conseil. La troupe vole en règle et fort bien ordonnée, Et dans ces longs parcours la route est jalonnée, Quand ils vont droit en ligne où tombe le soleil.
« Le miroir des grands lacs, le ruban des rivières, Le clocher d'une église ou quelque vieille tour, Tous ces points reconnus éclairent le retour Et les ramènent vite où sont nos chènevières.
« Nous qui sommes restés au seuil de la maison, Mon enfant, quand on parle ou de Smyrne ou d'Athèn:s, Nous voyons en esprit des régions lointaines, Qui reculent sans fin aux bords de l'horizon.
« Mais eux... Combien crois-tu qu'un bon voilier demande Pour revenir de Chypre ou de Jérusalem, Ou des palmiers du Caire aux rosiers de Harlem ? — Ma mère, je ne sais... car la distance est grande.