‹ Poésies, 1890-1896Chapitre 30 sur 81 · NE VER MORE · texte numérisé non relu

NE VER MORE

Ucand les hauts peupliers se profilaient en noir Sous notre ciel d'hiver dans l'or mourant du soir,

Frissonnant sous la bise et ta main dans la mienne, Tu me disais : « Crois-tu que le printemps revienne ? »

Loin de nous vers le Sud, en frileux passagers, De grands oiseaux fuyaient aux pays étrangers,

Allant d'un vol rapide aux îles de l'Aurore Réchauffer leur amour au soleil qui les dore. —

Depuis... sous notre ciel, après le sombre hiver, En plein avril, le cœur des roses s'est ouvert;

Mais tu n'a pu revoir ni respirer les roses,

Car depuis, pour jamais, tes paupières sont closes.

due dit le rossignol dans la rosée en pleurs

Aux belles de vingt ans qui dorment sous les rieurs ?

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