‹ Poésies, 1890-1896Chapitre 6 sur 81 · LA REVUE DE MINUIT 2J · texte numérisé non relu

LA REVUE DE MINUIT 2J

Lui, toujours impassible, il marche avec lenteur... Calme les soirs d'orage, et calme aux jours de fête. On le voit de partout, dominant la hauteur, Et tous les régiments passent, musique en tête.

Il regarde... il a fait un geste rassurant Et se penche... Il a dit quelque chose à l'oreille D'un maréchal... le mot va jusqu'au dernier rang De l'horizon... ainsi qu'une rumeur d'abeille...

Vite en selle, aussitôt les rapides courriers Tous, au galop partis, fuyant à perdre haleine, Aux quatre vents du ciel vont, i francs étriers, Porter deux mots : l'un France, et l'autre Sainte-Hélène.

Mais le coq d'une ferme a clairement chanté, En dissipant la nuit, la brume et le mystère, Et l' Angélus lointain d'une cloche a tinté... Chevaux et cavaliers, tout est rentré sous terre.

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