LB VAGABOND
Ainsi j'agis, versant la lumière aux cœurs sombres...
Hier — je sommeillais couche dans les décombres
Que faisait sur le sol un calvaire abattu —
La terre me parla dans Tombre, aux profondeurs...
Voici ce que m'ont dit la terre auguste et Tombre,
Hommes forts, écoutez car les temps sont venus :
ff Las d'enfanter dans le mensonge et la douleur,
Mes vengeurs, brandissant la hache ou le marteau,
S'évaderont bientôt de la cité dolente
Pour conquérir les biens ravis à leurs travaux,
Et toi, le seul vaincu d'une race arrogante, ; *
Tu précipiteras leurs sombres avalanches,
Sur les villes de lor et de l'iniquité '
Qui grouillent sans savoir que leurs jours sontcomptés —
Lève-toi, montre au loin l'aube de ta revanche,
Va dire à ceux de TEglisc Que la torche s'allume et que la faux s'aiguise * -
Et que je suis la Mère et qu'ils m'ont outragée. »
fils de la tribu virile, écoulez-moi :
Vous aurez contre vous les rois et les armées ,-
Et les docteurs vantant leur sagesse et leurs lois — j
Frtppez-les, déchirez les pourpres et les livres i
Ou se réfugia leur pouvoi»* incertain,
Dccîiaînez, ce grand soir, déchaînez les tocsins ^
Et répandez un sang dont la terre s'enî>Te.. .^
58 *' CJLUPAGXfi FftEUIÊRH
Je vois des dlos dor $*cCrondrer dans les flammes, Je vois les conquérants pleurer comine des femmes Et je vois ceux du Crucifix <ju*oti cxlermîne... Allez, frappez — pour moi, mes deux poings appiiyis
A quelque Babel en ruines, Je Yous regarderai par dessus les collines, Je rirai dans la rtuil rouge el je chaulerai
Des chûcils de ^crrc et de désastres. »
11 dit et il grandit — son front touche les astres,
Ses mains, verseuses de clartés, Epandent des foudres sur la eampagne...
Et riïommc baise ou front l'ancutre et il s'éloigne.
L'ombre immense accoudcc aux rives de respacc Ecarte, pour le voir, ses soleils et ses voiles. Les ar1)rcs adorants s'inclinent vcis sa face, A chacun de ses pas, il jaillit une étoile.
Cependant la tribu sur lancélre penchée Tressaille en écoutant les phrases chuchotées Qui tombent lentement de ses lèvres flétries Car Tancctre leur dit : a C'est Lui — gloire à la vie ! Il vient avertir ceux de la race première, Rouvrir la porte en feu des paradis perdus Et rappeler à tous son verbe méconnu...
Jadis, aux jours heureux de l'unique lumière.
11 vint de mcme... Mot, je n'cLaîs qu*un enfant^-. i
Sa parole cliarmail les inîens cmcrvcîllés
Et mon [K;rc pensif le noinranit : le Grand Pan,.. »
Le rùvc du printemps rogne sous les pominicrs — - ''
Et les Errants hagards écoutent dans la nuit ;
Le rourniure guerrier de Tonde qui sVnfuit ; Tandis qu'à Toccident la lune descendue Embrase les lointains (^*or rouge qu'ils contemplent. Leurs yeux où s'irradie une i>Tesse inconnue Croient voir à l'horizon de brumes et de nues Flamber en s*ccroulant des villes et des temples. ►
Wu
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