‹ Poésies, 1897-1906Chapitre 22 sur 74 · LITANIES DU VENT · texte numérisé non relu

LITANIES DU VENT

Le vent chante la mort des amis oublies

Et ceux quî sont partis sur la mer sans rivages

Se pleurent parmi ses clameurs sauvages — Fracassant les bouleaux et les grands peupliers, Le vent souflle Tennui, la haine et les naufrages.

Le vent dégel sanglote à perdre haleine — ' ^.^

Le givre aux arbres noirs suspend d cirantes flores —

Le vent flagelle et tord les branchages sonores,

Brisant au fll des toits sa plainte colienne,

Le vent d*hiver siffle et geint par la plaine. }

Le vent ctreint la maison qui frissonne 1

Et chasse dans Tair gris de tremblantes fumées, J

Le vent secoue en vain les cheminées

Puis s'enfuit sur la roule où ne passe personne — » |

Le vent gémit comme une femme abandonnée. '

CAMFAG^s rac^tÈnË

Le vent ricane : on dirait un foï (5cUûppé, Le vent hurle : on dirait un cnratiL torturé, ie vent gnnce : on dirait la rôvoUc d*un hagne,

Le YCnt s*abat et se toit opatsc — La neige tombe Icntcnicnt sur la campagne.

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