‹ Poésies, 1897-1906Chapitre 24 sur 74 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

tE roÈTc

Clairons dor où chantaient les heures du nnatîn. Des souiïles enflammas ont passe sur mon front — Le ciel éblouissant embrase les jardins Et trempe de clarté la face en feu des monts.

Dans les vergers fleuris qui rutilent, pareils

A Tazur inondé de rayons éclatants,

La terre et rein t Tété sous le arbres vibrants ;

Une chaude vapeur onduîc autour des treilles,

Les murs blancs sont cictés de tuiles fulgurantes.

Des fruits luisent parmi les ramures mouvantes

Et moi dans le pré dru je m'arrête, rêveur

Pour une branche qui palpite au grand soleil ;

J'écoute rhuchoter la brise éolicnne :

Elle rit, elle fuit vers les ruisseaux chanteurs,

Et les verdures vont cl viennent El leurs soupirs résonnent dans mon cœur.

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Qui cherche mon secret périt désespéré,

Les dieux sont mes pcnscrs cl quant à vous, les hommes,

' Vous ^Ics^ parmi mes atomes, Lemondi obscur épris des mondes étoiles....

Mais je suis bonne cl je t'apprends h te connaître :. La terre cljantc un hymne lent — tu le pénètres Et, tous les jours plus attentif à mes leçons. Tu déchiffres dt-jîi la strophe des saisons... La terre, ce fragment de TiuRni, tu Ta! mes ; Ses douceurs, ses colcres t'imprègnent, tu sais

Les transfigurer en toi-même

Et tu portes en diadème

L'auréole de sa beauté — Ce sont là les bienfaits que je t'ai prodigués.

Souviens-toi : je t'ai pris parmi tous ces aveugles, Tes frères éperdus d'ignorance et de haine,

Je t'ai tiré des cloaques où beuglent Et rugissent l'ordure et la bôtisc humaine ; J'ai fait de toi le Pauvre heureux de son destin Et j'ai mis dans tes yeux la clarté du matin.

Comprends donc, fol enfant, la mcre que je suis : Celles que je châtie et ceux que je maudis T'égarcrcnt parmi des parterres malsains Où tu cueillais la honte et ses mauvaises fleurs —

Je t'arrachai d'entre leurs mains Pour te tremper aux flots amers de la douleur.

Tu souffris, lu crias — ton sang coulait, tes larmes Etoilaïcnl Tombrc froide où lu le déballais,*, Mais moi jG te doniplai Et je brisai toutes les armes Que lu dressais contre ma volonté.

Tu te soumis — alors, te voyant racheté.

Je te cUoisis, parmi celles que je preîcre, La femme d'indulgence et de bonlé El parce <|u*ellc avait un grand cœur où réside L'amour du Pauvre frémisjant ve^-s ma lumii;rc^

Je la fis tienne tout enlicre — Et puis je te montrai la campngne splendîdc.

J'ai dît à 1 Avril : « Sois Tami Du poite Inquiet qui panse ses LJessurcs,

Apprends lui Todcur des jeunes verdures Et pare^ pour lui, les pâlis De fraises et de violettes. »

J'ai dit a Juillet : « Tes moissons Feront le j^aîn qu'il souhailc ; Bruis dcvïint sa maison, Tresse dc^ blcui^ts auteur de son cœur Et po*^e dans sa main la main des moissonneurs. »

80 * CàUPÀGKE TRliMIËftE

J'ai dîl à Novembre : » Tes brumes, Ton soleil rougissant parmi les pampres morts

Et cette veilleuse en vieil or ; Ta lune Apaiseront en lui les ferveurs de Véiés n

Et j'ai dit à riliver ; « Qu il soit tout contenté, Qu^il ait, aprt's Tazur, les plaines sommeillant

Sous ce linceul éblouissant

Qui viviGc cl <]ui protège

L'espoir des Haraisons futures :

Ta neige, jî

Vois- tu j mon fils, je suis PélerneHc Nature ;

Laissc-moî l'ouvrir mes chemins Et prends les fruits vivants qui tombent de mes mains ; Par moi, lu mangeras des poches, des raisins. Des abricots juteux, des poires mûres, Des brugnons éclatants, Du miel et le pain frais qui croque sous les dents Puis tu boiras les vins légers cl celte eau pure Que le puits verse aux seaux sonores.

Si tu n*es satisfait, voici d*aulres Ircsors : Unis en un bouquet les saisons, que Taurore Te revote de pourpre, de flamme et d'argent E'v que la nuit, déesse aux yeux phosphorescents, Jette ses cheveux d'astre à les pieds qu'elle adore.

ÉFItX)GUB 87 ' * i /'

Totil apcurt^s au reni qui en tr ouvre mes voiles, ' ' ï

Tes frères ont suivi des roules Icncbrcuscs : , ^'- *f Dans celte ombre » pour cuip tu semés des étoiles,

Des conièlcs et des corolles radieiîses... ^ . y^

Quel don nouveau te faul-il mainlenanl? *: ^ y •

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Je voudrais le saisir dans l'espace et le temps, ^ ***/-ï i i

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