PROLOGUE
C'est le Jour, e'esi la nutt, et c'est Vhomme attentij.
Comme le soir naissant montait à l*liorizon Qu'incendiaient les derniers feux du crépuscule.
Je vins m*asseoir au seuil de ma maison ;
Dans le chemin bord6 de campanules , Qui mène à la mare aux cressons,
Sous les pommiers chargés de roses floraisons,
L'air embaumait car c'était la saison
Où les lilas commencent à s'ouvrir.
Je pensais : ô Nature, un jour va s'engloutir i Dans Tabime infmi de ton éternité I
Si j'ai rempli ma tâche et si j*ai mérité f
Que les soufllcs du soir caressent mon front las, !
Si c'est pour moi que les pommiers parlent tout bas // ,
Et que les boutons d'or étoilent les talus, •
Laisse-moi m'imprégncr du couchant plein de flammes <
Et recueillir, afin qu'elle pare mon âme, f
L'heure qui ne reviendra plus. \
si
En
04 LCVlËReS TRiTtQUlLLES S
Courlj^ SOUS le mensonge cl tious l'iniquilc^ MaiiiU pauvres gens s'en vont, hagards, par les cUcs , if**,^ Se querellent au coin des rues»
* Puis meurent sans l avoir jamais connue-
Jadis, je suis venu, d^s roses dans les maînSp
Leur apprendre que tu es hclle ; Je leur ai rt-vxlc la terre matenicUc Et 'a face seniblabte au soleil du inatin.
Je leur ai dit les prcs, les feuillages mouvants,
Le murmure sacre des scves, Les Loi:, profonds, la plaine où régnent les grands vents Et les jardins plantes de fraisiers et de fcves.
Us m'ccoutaient... Beaucoup, ne me comprenant pas, Raillaient ce fou qui leur oITraif des fleurs. Mais des Simples suivairnl mes pas.
Leurs yeux s'illuminaient et je voyais des pleurs Humecter, h ma voix, leurs paupiiTCs brûlées...
Nature, voici mes roses dispersées :
11 en est quMTcuillorcnt les passants.
Il en est dont 5*amusent les enfants,
D'autres, des inconnus en ornent leurs fenêtres ;
D'autres enfin — les plus odorantes peut-être — ^ Leurs pclalcs ont parfumé
Les parterres de ceux qui clicrclicnt la beauté...
Ll-V