A DEVENIR UN HOMME LIBRE
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LlMhNAIRE
Musc-enfant, laissons la route trop suivie Où nous avons croisé de sinistres passants :
Nos yeux s'y sont ternis pour avoir vu la vie Traîner sa robe dans la fange et dans le sang.
Lépreuse et titubante une foule accourue Baîsc et lichc ses pieds qu'écorchent les ornières Regarde quelle horreur les étreint 1 Leur cohue Agonise à tenter une ivresse dernière.
Ceux-ci vont agitant des thyrses étourdis Et mènent au sabbat les heures barbouillées.
Ceux-là, que trouble un fou désir de paradis. Fléchissent sous le poids de chimères souillées.
Plus loin, la fausse Isis des carrefours hanlés Nous offre en ricanant de soulever ses voiles.., rire dérisoire, 6 chants trop écoulés :
Nous n'y avons trouvé que la nuit sans étoiles.
Nous avons rcnconlrc les menteurs de myslèrc,
Ccui qui disent ; « Comment ? » Ceux qui disent : a Pourquoi ? »
M.iïs le soufïle des maris s'clcvait de la terre
Et dispersait au vent leurs dogmes et leurs lois.
D'autres cncûr : des saints que chcvaucliaient des femmes, Des rois barîôlt'S dorlolanl lcursîx>u[rons.
Et des prctrcstuyaîeut le soir rouge que font Les brasiers nourris d'or des églises en flânâmes-.,
G* est parmi ces sonneurs de paroles confuses, Cest au bord du clicmin, Enfant, que tu es nL*o ; Pour rassurer leur cœur, pour que tu les amuses, De pampre cl de pavois ils l'avaient couronnée.
Ils disaient: « Tu seras la joueuse de flûte, Celle que Von caresse et qui est toujours proie El quand nous dormirons, fatigués de nos luttes. Tu répndras de frais parfums sur notre tôte. n
Mais toi, fille en qui l'aube alticre s'est glissée, Tu repoussas la flûte et la fiole odorante.
Tu jetas h leurs pieds ta couronne froissée Et tu ris, méprisant leur colère grinçante.
Eux alors : u C'est en vain que ton rôvc recule, Nous saurons te ravir l'éveil bleu du matin.
Et nous t'imposerons, pour un morne destin, La frxe en feu, la face en sang du crépuscule.
LIllIIfAmB 11
« Tu seras la inaudile et la prostituée, Tu ouvriras la couche froide aux vagabonds.
Et tu tendras, parmi la Lonlc et les huées, Ta houclic insatiable et ton ventre infécond. )
Ainsi tous s'écriaient... Toi pourtant, dédaigneuse. Belle de la clarté qu'épand ta gorge nue, Tu montras Thorizon où tremblaient des yeuses Et le jeune soleil qui dissipait les nues.
Cependant tout mourait sur la route grisâtre ; Les passants effarés s'cflaçaient un à un, Pareils à des sarments en cendres dons un àlre Oublié sous le gel des novembres défunts.
Or irradiant Taube éclose dans tes flancs :
<r Ecarte, me dis-tu, ce fantôme morose Qui sème le chemin de ses haillons sanglants — La vie, clic est là-bas, debout au sein des roses.
(( Enlaçant des jasmins et des frondaisons vertes. Elle parc le seuil joyeux de ta maison Et, t offrant les fruits mûrs de sa neuve saison, Un songe de beauté te tient la porte ouverte.
« Pour que ce clair logis te sourie à ton gré, Pour cueillir de tes vers la flore épanouie, J*y serai la chanteuse et la petite amie Et tu seras mon pauvre et je t'appartiendrai. »
CAUrAÛ?(B PRfiUlbAB
Depuis ce jour, à Musc-enfant, lu m'accompagnca. Tu m'appelles, lu ris aux stïntiers enchantés Où, tel un dieu vôtu d'or fluide, TEtd Nous sacre reîne el roî de toute U campagne^
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