ORIGINE
souvenir tïcs temps lointaias. aube première Qui dores les sommels où j'ai connu mon âme,
imprègne-moi de rôvc cl de lumière.
Enveloppe mon cœur dans des langes de flamme.
Je me rappelle des matins sur les plateaux, Quand Indra se voilait de tremblantes vapeurs. J'cnlends bramer les cerfs et meugler les troupeaux El je revois les yeux limpides de mes sœurs.
Mes sœurs, elles filaient, assises sur le seuil
Do notre hutte au toit d'osier ; Nous étions la tribu qu'on nommait Bon-Accucil Çt les De vas favorisaient notre foyer.
Mon pcrc défrichait la montagne, sa hache
Faisait gémir les pins dans la forôt, Mes frères aux bras forts menaient paitre les vaches Et ma mère complaît ses terrines de lait.
ji
LUMièRBS TRANQUILLES
Moly'j'ctaîs l'Étonné, Tenfant doux qui tressaille A. cause de Taurore et du chant des oiseaux,
Je me taîlli^s des flûtes de roseau, Puis j'écoutais le vent pleurer dans les broussailles
Et je tâchais d'imiter ses sanglots.
Les hêtres me plaisaient qui me donnaient des laines, Les bouleaux me semblaient des dieux adolescents. Pour m'en faire un collier je ramassais des glands Et j'aimais à dormir étendu sous un chône.
11 y avait un lac bordé de rochers roux.
De genôts d'or et de fougères.
Je le longeais, des fleurs me frôlaient les genoux ' Et l'eau brillait, comme une étoile, entre les pierres.
Le soir, quand je rentrais, je me prenais à dire : « Les arbres m*ont parlé, «ous le soleil, là-bas... » Et mon pire pensif, me serrant dans ses bras. S'écriait : u Cet enfant, que votre souffle inspire, Répandra votre gloire à jamais, ô Dôvas... »
Ainsi lorsque Tété déverse dans mon âme
Ses odeurs de blé mûr, son ciel vibrant, ses flammes
Et la splendeur de ses feuillages.
Je revis, tout un jour, la beauté d'un autre âge — Et c'est ton souvenir en moi qui se ravive, Lueur des temps lointains, gragle aube primitive.