‹ Poésies, 1897-1906Chapitre 5 sur 74 · LE CHEVAL ÉCHAPPÉ · texte numérisé non relu

LE CHEVAL ÉCHAPPÉ

Bousculant le fermier qui s'effare et s'écrte»

Ivre de sèves bouïtlonnantcs El des parfums que Mûî sou [Ile dans Técurlep Le cheval s'esl enfui par la phinc t!clatante.

Vers 1rs prcs sans clôlure il galope, sn course Trace un sillon bûrdc d'une cvume de fteurs — Les rircâ du prinlemps ruissellent sur les sources Et la plaine palpite au rythme de son cœur*

II boniîU, ît s ébroue — et le voîd pareil A quelque Pi^gase souverain :

Sa [joucliG libre du frein Semble mâcher du soleil Kli dans le clair azur où tremblent des rayons. Sou cri de liberté monte comme une flamme.

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grand cheval d'orgueil, gloire des élalons.

Ta fanfare stridente se p!^me

Et l'écho te renvoie en grêle hennissement

Le sanglot d'amour des jeunes juments - vj

Qui t'offriront leurs flancs moirés d'aurore...

Tu frcmisi ton galop cadencé tinte au loin,

Plus loin, toujours plus loin, aux rudes pî^turages

Où le fouet et le joug ne régnent pas encore —

Prcndsmoi. cheval, volons par del& les humains

Qui s'agitent souillés des fanges coutumiércs :

Ouvrant dans le ciel d'or des ailes de lumière, ;'. \J

Nous forcerons la Muse au fond des bois sauvages. ' '

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