‹ Poésies, 1897-1906Chapitre 68 sur 74 · SOUVENIR · texte numérisé non relu

SOUVENIR

forêt, c'est en vain que les brandies mouillées Laissent tomber sur nos deuï fronts de froîdcs gouttes ; Nous allons, la main dnns la mafii, et nos penscei Semblent des oiseaux d'or écUrant noire roule.

Que nous font la saison rcvcchc et les averses Et la bise parmi les ramures en pleurs ; Un songe printanier nous récliaufrc et nous berce Au rytbme de Tamour qui cbante dan^ nos cœurs.

Oui, l'amour nous pcnèlro ainsi qu'une musique Pleine d'accords profonds, orageux ou câlins, Ëcoutc : il le redît que tu es mon Unique»

Celle qui me rovit à de mornes destins.

Cueillons Tî mêlant présenl. tourne vers moi tes ycuï, Tes chers )eu?c* soleil noirs dont les clartés m'enivrent Comme un vin sombre où tremble un reflet radicur : J'oublie en les mirant la tristesse de vivre.

rùïUU de" LA FORLr

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Pcul-filrc qUQ (Icinain nous serons sépariSs, Maïs aujourdliui csl tout à nous et nous cnlralnc Dans un pajs de pourpre ardente cl de beauté Où na liront sous tes pas des roses souveraines.

Ma toute, mon seul bien, mon pur joyau, ma gloire, Garde lasouvenlr de nos heures heureuses, Que notre amour règne à jamais sur ta mémoire Comme un ciel tout fleuri d'étoiles merveilleuses.

Mont-GiauYet. .

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Nous allons — la foi^t, sous la lune amicale, Se pare domLrc bleue et d'un voile argenté Qui Ireuiblc d*cf fleurer les cIïcvcux et s*étale Comme uu brouillard subtil autour de la beauté.

Parfois un rayon glisse à travers les ramures Et s'endort mollement sur le seîn fraîà des mousses Entends-tu : le laîllis lumineux te murmure Que lu es mon élue cl ma reîoe très douce.

Ces arbres, ces buissons accr.eilhnfs ou farouches Tressaillent aux clartés que reflètent tes yeui ; Moi, faune qu'a vninca l'Amour impérieux, J'unis en frémissant mes lèvres à la bouche.

Je t*cn1acc : je suis la liane el le lierre, Toi, la yeuse flexible où roucoule un ramier — Ma voix semble Tccho du vent dans les halliers» Tnn haleine a l'odeur des fraises prin lanières.

Dresse cl dîcu que la forit nourrit dû aèvca,

D'aromcs» do jiollcn et d'ardcnlc ambroisie.

Nous revivons les jours licureux de lArcadic

Et !c soïr sur no3 tronls (lotie comme un grand rêve-

Que nous sont désormais les fétcs des cites Où la foule piétine en de mornes cadences Puisque nous savourons tes saines voluptés.

Solitude des bois qu'imprègne le silence.

Ma sœur, ma rose sombre, 6 ma chère splendeur. Goûtons le clair de lune, ainsi, jusqu'à l'aurore : La forêt est le temple où, te vouant des fleurs. Je répands à tes pieds tout mon cœur qui t*adore.

Lo Long- Rocher.

Ud^z'^^M^,

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