LE DÉCLIN
LTté vêtu d*un manteau dor et de feuillages Transforme la futaie en temple de lumière, I' Dt^j^, sous ses splendeurs, les chênes des vieux âges
^' MiMcnt leur voix profonde au chant des clairières.
Des arômes de fleurs et de chaude résine ■k S't- lèvent des taillis comme un vivaco encens :
*, TaiTums voluptueux et musiques divines
**► Q'ïi grisent les chevreuils et les cerfs bondissants.
, Forêt, tu souris en ta sérénité, . Tu Jcroulcs à flots ta vaslc chevelure,
Entre tes frondaisons j'ai senti palpiter Le grand cœur maternel de la sainte Nature.
Jadis, de vcrls rameaux me caressaient la tôle, J 'o (Trais mes m:ijns aux f'*61cmeiit$ des clématites Et rnes )'cui rayonnaient, car j'élais le poète Bienvenu des halHcrs que la Musc \'isite.
rrai
iU-
PO&MBS'PB LA FORÂT
Des ramiers amoureux roucoulaient dans mes vers. Mes rimes étoîlaîent la ramure des yeuses Et chatoyaient parmi les bouleaux, l'univers M*apparaissait une ode aux strophes radieuses...
Hélas, elle s'éteint, cette flamme de vie.
Je frissonne, pareil aux arbres vermoulus Qui chuchotent à peine une plainte assourdie : Le soleil de juillet ne me réchaufle plus.
Comme fait le lichen à Técorce friable, Un mal subtil se glisse en mon cœur et le ronge Et comme une eau qui se perd dans le sable, Voici tarir la source de mes songes.
Il est de fiers sommets où le hêtre s'c lance Comme une explosion d'allégresse et d'espoir. Il est de frais taillis où la dryade danse Pour le ravissement des aubes et des soirs.
Je ne les connais plus : je cherche une retraite Dans quelque val pierreux où régnent le houx sombre Et le genévrier tordu par les tempêtes — Comme un fauve blessé j'y souffrirai dans l'ombre.
Puis lorsque reviendront l'hiver et ses gelées, Mon âme s'en ira, brindille desséchée Que le froid fait tomber et que la bise emporte Avec les feuilles mortes.
Fond deCloIrboU.
AUTOJINE
A PtmDÇ<^ï Corrfc.
Le ciel est grîs» it pïeut el j Vrc trîâlement Sôus les arbres baignés de vapcurj funéraires ;
Le BOufQe de raulomnc û roussi Ica fougères.
Le laillis dépouille s'épbrc en grelot la nL
Une Icnle rumeur flotle aux cinies des chênes Puis a egoultc h. Lravers leurs mornes frondaisons. Et l'octobre morose et le vent qui se traîne M enveloppent de brume et d'humides frissons.
Suls-jc un homme?,,, U n^e semble, au fond de ce ravin
Où je foule h mousse eL les feuilles tombées,
Que je suis devenu quelque vague Sylvain
Dont les frères sont niorls depuis beaucoup d'années.
Car ceuï à qui je dis les bois et leurs cadences S'étonnent que je parle un langage inconnu El si pour ïnc rt^pondre ils se font violencei Je ne les comprends plus.
sai'
> û^tOkUMS DB tl POrÉT^^ ;
Or
Po u r la n l j 'aï sou vem r d*a voi r aimé, com me eux , . Lci \illcs, leur cohue et leurs files bruyantes. , Mail lorsque, certains aoîrs, ces prcsUgcs me hanlcot,. C'est le relie L en moi d'un nuage orageui Qui disparaU l>ient6L derrière les collines.
Or si celle foret m'attriste où je chemine
Parmi les sanglots de la pluie Et le grésillement des bruyères flétries, C'est parce que j'entends une voix qui prolonge L ccbo d'une douleur éprxrse dans mes songes.
Voix anxieuse de la vie universelle
Qui se plaint de fleurir pour la destruction,
Douleur d'être celui d'où tout fuit c* ruisselle,
Comme la sève d'un vieux tronc, Sous la hache du Temps, sinistre bûcheron.
Encore. Tan prochain, ces arbres rajeunis Déplieront au soleil leurs pousses printanières, Mais moi, dont le cœur bat toujours plus ralenti Je ne goûterai pas ton ivresse, ô Lumière, Nourrice des genêts, des feuilles et des nids.
Je serai le bois mort oublié dans un creux Et le rêveur, élu des chênes et des dieux.
Oui suivra les sentiers de la forêt sacrée.
Ne saura même pas que je uai célébrée.