L ESSAIM
fe les regarde fuir longtemps, le cœur serré. Moi qui jadis gardais les ruches de mon père Et savais la chanson qui fait descendre à terre L'essaim le plus exaspéré,
e n'ai pu recueillir les divines hôtesses Ma mère m'apprenait qu'elles viennent du ciel) Dans un chalet fleurant le bois neuf et le miel, D'où leur rumeur joyeuse eût bercé mes tristesses,
:t d'où leurs bataillons armés (que savons-nous ? Elles portent bonheur, » disait aussi ma mère) Repousseraient loin de mon seuil l'Intruse amère Dont le regard rompt les genoux;
,'andis que leur effort ardent, fiévreux, sans trêve,
>our récolter un miel à d'autres destiné,
rerait honte de son labeur abandonné
ui poète vieilli qui renonce à son rêve,
vu semeur qui s'endort sans avoir moissonné.
'DiA'KS LES ?%ÊS
Vj an S les grands prés, aux alentours de Pentecôte Quand l'herbe, fraîche et verte encor, mais déjà haute Ondule mollement sous des souffles furtifs, Qu'elle jase et bruit de grillons et de sources, Appelant de très loin les écoliers captifs, Enragés de nids et de courses ;
Je voudrais, une fois dernière, aller m'asseoir, Tout seul et tout un jour, à l'endroit où le soir Allonge lentement l'ombre des bois de hêtres.