LES "BÉCASSES
xA \<\ mémoire i'%Anàri Theurief.
1 an dis que l'on chantait l'épître de Toussaint,
— Page d'Apocalypse où le vieux chantre geint Et se débat, ainsi qu'un coq dans des étoupes, — Les bécasses, hier, arrivaient dans nos coupes.
Les bécasses, les beaux oiseaux silencieux, Discrets, furtifs, au manteau sombre, aux beaux grand Amoureux des sous-bois feutrés de vieux feuillages. Les bécasses ont commencé leurs longs voyages.
Elles sont au Lagast, ce soir; elles seront A Roupeyrac demain, et peut-être vivront
— S'y trouvant à l'abri de l'autan et de#bises — Une semaine ou deux en ses combes exquises,
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es des sources, le long des tintants ruisselets, ir les pentes où les cèpes ventrus et laids mlèvent le sol brun et les feuilles séchées, : sous les houx griffus qui les tiennent cachées.
lissent les braconniers et leurs chiens, les bergers ; leurs lacets de crin savamment étages ir les sentiers étroits qu'elles suivent songeuses )argner la plupart des nobles voyageuses I
lissent-elles jouir en paix des jours vermeils
i se bercent nos bois avant les lourds sommeils,
îgaler leurs longs becs de fines nourritures,
; dormir au doux bruit des vents dans les ramures,
lis s'envoler vers des pays plus beaux encor, Dntinuant leur rêve en changeant de décor, >ur revenir, toujours à Roupeyrac fidèles, l'époque où j'irai m'y recueillir comme elles!
SOUS LJL G%IFFOULE
.L " hiver... C'est la saison de célébrer les hou? — Non pas les houx épars sous les hautes futaie? Qui de leurs aiguillons peignent le dos des loupî Ou griffent jusqu'au sang les tétines des laies, —
Mais les grands houx bordant chez nous les chemins De remparts frissonnants tout hérissés de piques, Et dans le vent du soir causant tout bas entre ei: De temps déjà lointains et de conscrits épiques
* Bouquets de houx géants abritant les bâtiments fermes du Ségala.
SOUSLAGRIFFOULE $1
ai, partant pour aller prendre sac et fusil, ins leurs pousses coupaient le bâton de voyage, plus tard, au retour, le manche de l'outil 1 l'aguillade pour conduire l'attelage ;
mieux encor ces houx vieux de plus de cent ans, n'en griffoules on trouve à l'entour de nos fermes, I protégeant du nord, de l'ouest ou des autans, >ujours droits, toujours verts, redoutables et fermes.
incelants de neige ou de fruits de corail, hébergent, l'hiver, les merles et les grives,
tur qui le toit, jadis, était l'épouvantai!, que la faim transforme en effrontés convives.
le lièvre lui-même y trouve quelquefois a gîte chaud et sûr et que nul ne soupçonne, i, quand la basse-cour s'emplit de longs abois, rit tout bas des chiens et doucement frissonne.
lis, aux premiers soleils des fins de février, s aïeuls mi-perclus s'en vont sous les griffoules griser de rayons, jaser et s'épouiller, rle-mêle, parmi les dindons et les poules...
En été, les galants y sont cent fois venus
Parler d'amour, le soir, à leurs fraîches promises,
Simples filles de ferme aux baisers ingénus
Et chastes, qui trembiaient toujours d'être surprist
Et d'entendre soudain crépiter sur les houx La charge de gros plomb d'un vieux fusil à pierre Dont le rude Pages * s'armait contre les loups Et les rôdeurs marchant furtifs vers sa lumière...
Et que de fois aussi, quand nous étions enfants, Mère-grand nous conta que, lorsque l'autan grondt Les pauvres trépassés délaissés des vivants Autour des noirs massifs viennent faire leur rondi
Traîner de longs linceuls et pleurer et gémir, Redemandant beaucoup de Pater et de messes, Et souvent jusqu'à l'aube empêcher de dormir Leurs âpres héritiers oublieux des promesses.
Paysan aisé.