WM S*AGE
^i loin vers mon berceau que mon esprit remonte,
le le revois, le bon docteur, sur son cheval,
bravache au poing, trottant par la plaine et le val,
espéré, craint, parfois par la Mort rude et prompte
Devancé, retournant alors, d'un trot pareil,
il s'en allant vers d'autres seuils où l'on l'appelle;
arrivant le matin, doux comme le soleil,
)u quand tombe la nuit, sombre et triste comme elle.
.es miens, à la scierie ou sous les bois, souvent, )ans ces âpres combats où l'arbre se défend,
ROXCES ET LIERRES
Quoique adroits, se sentaient maîtrisés par la fore Et rentraient quelque côte enfoncée, un bras mor Ou saignants, car l'acier peut se tromper d'écorce Et c'est avec bonheur que dans la chair il mord...
— Vite à Randan quérir le docteur, vite, vite ! Et quelles nuits d'angoisse ! On pleurait, on priait Souhaitant, redoutant la terrible visite ;
Seul le blessé pour nous rassurer souriait... Soudain le trot pressé d'un cheval sur la route : C'était lui ! — Rose et blond, court sur jambes, l'œil g Et froid comme l'acier de sa trousse. — Ah ! nos cr: De marmots effarés qu'il mettait en déroute Et qui, tremblants, cachés sous des piles de bois Ou dans le bouge des moulins, tenions nos doigts Aux oreilles, de peur d'ouïr des plaintes sourdes 1..
— Trente ans après je l'ai revu, les jambes lourdes Ne quittant guère plus son seuil hospitalier
Où l'on venait encor de loin le supplier De rapetasser bras et jambes, de recoudre Les encoches de la cognée ou de la poudre, Ou d'arracher — toujours sans bourse délier — La molaire enragée et qui ne veut plus moudre... Je le revois, serein, accueillant, familier,