DOIGTS DE MORTE IO
Nous vous aimions plus que les autres; Et nos mères plaignaient les vôtres, Et parfois nous disaient tout bas :
« Rose, Miette, Alexandrine Mourront jeunes de la poitrine :
Ne vous en amourachez pas! »
Et nous les aimions davantage...
Toutes moururent avant l'âge ; Et c'est pourquoi Dieu, très clément, Permet sans doute qu'à l'automne De son beau ciel trop monotone Elles descendent un moment,
Afin qu'en longeant la prairie
De demi-deuil soudain fleurie,
Le poète au deuil éternel
Ressuscite dans ses pensées
Tant d'enfantines fiancées
Qui n'ont trouvé d'époux qu'au ciel.
L^4 3CO%T T>U <P<,4STEU%
I l est mort à son tour, le pauvre vieux curé Si secourable et cher à tous, si vénéré,
Vrai pasteur selon l'Evangile, Qui guida cinquante ans et sans faiblir un jour
— Ame ardente en un corps fragile — Son troupeau de mineurs ou de gens de labour.
II s'en va, le bon vieil ami de Jean-le-Pàtre. Tous deux bergers, tous deux ont cessé de combattn
Pour leurs brebis loups et démons.