LA MORT DU PASTEUR
Courant, confessant ou priant,
Exténué mais souriant,
Et gai même au lit du malade;
Puis de retour, las d'être à tous, Sur les pavés nus, à genoux Sous la lampe du sanctuaire, Versant ton cœur de parfums plein Comme un beau calice au déclin D'un jour d'amour et de lumière.
Peu contemplatif cependant, Gardant sur un foyer ardent Un cerveau bien clair de rustique, Un fin sourire, et quelquefois Cette verdeur d'esprit gaulois Que le terroir jamais n'abdique.
Pas très savant non plus, je crois,
Et ne songeant pas sous la croix
Aux merveilles de l'exégèse,
Mais sachant bien comme on s'y prend
Pour délivrer un cœur souffrant
Du fardeau moral qui lui pèse;
N'écrivant point, mais élevant Église, clocher ou couvent, Bonnes œuvres sur œuvres pies, — Degrés d'une échelle sans fin Qui t'a conduit au seuil divin Où tu guidas tant d'autres vies...
On te disait : « Reposez-vous!
Vos petits-neveux sous les houx Du hameau natal vous appellent... »
Tu ne t'es point laissé tenter :
« Est-il l'heure de déserter?
Le loup rôde et mes agneaux bêlent.
Ht tu tombes en bon pasteur, Face au danger, sur la hauteur Où nos pères, croyants robustes,