‹ Poésies, 1905-1918Chapitre 38 sur 83 · LA MORT DU PASTEUR · texte numérisé non relu

LA MORT DU PASTEUR

Plus haut que leurs clochers épars

Erigèrent près des remparts

— Chêne dominant mille arbustes

Ce clocher de Rodez, témoin D'un temps si beau, déjà si loin, Qui sent frémir sa noble pierre Lorsqu'un apôtre comme toi Succombe à ses pieds pour la foi Qui le dressa dans la lumière.

:pose maintenant dans le petit tombeau

Que t'élèvera ton troupeau rmi les autres morts de ta chère paroisse, d'où ton âme encore ira vers les douleurs ;s vivants, relevant des fronts, séchant des pleurs,

Apaisant la crainte et l'angoisse;

Tandis que de ton corps d'ascète terrien,

Usé, fripé, réduit à rien, Mais qui logea longtemps une hôtesse divine, Dieu permettra qu'ainsi que d'un saint d'autrefois Pousse peut-être, à l'heure où verdissent nos bois,

Une branche en fleurs d'aubépine !

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