‹ Poésies, 1905-1918Chapitre 39 sur 83 · POUR J . -H . FABRE · texte numérisé non relu

POUR J . -H . FABRE

TOUX J--H. F^'BTIE

J e te salue aussi, mon glorieux aîné,

Mon très rustique et très savant compatriote ;

Le vieux Rouergue d'où tu t'es déraciné

A Sérignan qui t'a pour hôte T'a généreusement prêté, mais non donné.

Et du haut Levezou, parfumé de bruyères, Des Palanges, taillis noirs et blondes clairières, Et de la lande rase et des maigres sillons

Où l'alouette et les grillons Bercèrent tes sommeils d'enfant parmi les pierres,

L'âme de notre sol se lève et te bénit.

Et parce que je suis du même coin de terre,

Que mon nid fut posé pas bien loin de ton nid,

Et que ce doux lien unit Un cadet de Brizeux au petit-fils d'Homère,

Je te transmets l'appel et le geste attendris Que de ses hauts plateaux lointains elle t'envoie, La vieille Mère à qui la Provence t'a pris,

Mais qui pardonne, dans sa joie De savoir grand un des meilleurs qu'elle ait nourri:

Songe qu'il serait doux, chargé de gloire et d'ans,

De revoir une fois le logis des ancêtres,

Ou, s'il s'est écroulé sous les coups des autans,

Le robuste bouquet de hêtres Qui l'abritait et qui reverdit au printemps,

Et le petit clocher, et l'étroit cimetière

Où, dans la glaise brune et moelleuse à leurs reins.

Reposent la plupart de tes contemporains,

Et sous eux, poussière et litière, D'autres épis couchés dont nous sommes les grains

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