‹ Poésies, 1905-1918Chapitre 64 sur 83 · FAUCHEURS · texte numérisé non relu

FAUCHEURS

Pourtant, quand sur le pré s'allonge

L'ombre des hêtres, vers le soir,

Plus d'un faucheur, comme en un songe,

Près de lui croit apercevoir

Un Faucheur-fantôme tout noir.

D'un geste pareil, mais plus large,

Il va fauchant sans aucun bruit;

11 fauche à vide, il fauche en marge.

Eux pressent le pas; il les suit

Et marche en fauchant de la nuit...

Quelque part un angélus sonne Et rappelle les travailleurs...

Là-bas, au front, le canon tonne ; Le Faucheur noir les abandonne :

On l'attend pour faucher ailleurs.

Ïj6 LES PAYSANS ET LA GUERRE

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