FAUCHEURS
Pourtant, quand sur le pré s'allonge
L'ombre des hêtres, vers le soir,
Plus d'un faucheur, comme en un songe,
Près de lui croit apercevoir
Un Faucheur-fantôme tout noir.
D'un geste pareil, mais plus large,
Il va fauchant sans aucun bruit;
11 fauche à vide, il fauche en marge.
Eux pressent le pas; il les suit
Et marche en fauchant de la nuit...
Quelque part un angélus sonne Et rappelle les travailleurs...
Là-bas, au front, le canon tonne ; Le Faucheur noir les abandonne :
On l'attend pour faucher ailleurs.
Ïj6 LES PAYSANS ET LA GUERRE