‹ Poésies, 1905-1918Chapitre 69 sur 83 · LA PAR M ENTIERE · texte numérisé non relu

LA PAR M ENTIERE

Ne garde point pour toi, paysan, le fruit rare; Charges-en pour le front des wagons par milliers ; Qu'elle rende à tes fils leurs repas familiers Et le champ dont la Guerre encore les sépare, La sève et la vertu des sillons leurs berceaux, La cendre de leurs morts, suprême viatique De ceux qui meurent pour défendre nos tombeaux; Et puis, dans leur sommeil, la vision rustique : La maison, le foyer, la marmite au flanc noir Qui ronronne gaîment sur la flamme folâtre, Et le chant du grillon sous la pierre de l'âtre, Tous les biens que la paix — dont on parla ce soir — Sur l'horizon lointain leur permet d'entrevoir.

TOUX LE T^TX,

« IN e jetez pas le pain !... X'en donnez point aux bêtes Car Dieu vous punirait, gaspilleurs que vous êtes !... » Parents et grands-parents, quand nous étions marmots, Dix fois par jour au moins nous cinglaient de ces mots.

Mais nous n"en faisions qu'à nos têtes Et partagions avec le chien et les pierrots.

« Ne jetez pas le pain ! » Quels mots profonds et sages, Et qui nous sont venus du plus lointain des âges, Du temps de Pharaon peut-être, et de Joseph... « Ne jetez pas le pain! » Est-il plus beaux a.d.-...

due ce commandement si bref, Digne du Décalogue ainsi que des Sept Sages?

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