LE RÊVE
Ton rêve, heureux enfant, n'est pas un vain mensonge, L'imagination n'est pas encore en toi ; Elle tient de la terre, au lieu que ton beau songe N'est qu'un moment d'absence où Dieu t'appelle à soi.
Les anges sont venus près de ta jeune oreille
Et t'ont dit : « Oh ! pourquoi nous as-tu donc laissés ?
A notre éternité la tienne était pareille.
Tes yeux vers les mortels ne s'étaient point baissés.
« Tu touchais avec nous la harpe parfumée Et l'or de la cymbale et le sistre argentin ; Tu flottais avec nous dans la sainte fumée Qui tourne autour des feux de l'éternel matin.
« Tu soutenais le bras de la céleste Vierge Lorsque l'enfant de Dieu l'accablait de son poids. Ou bien tu te mêlais à la flamme d'un cierge Devant l'Agneau sans tache et le hvre des Lois.