‹ PoésiesChapitre 48 sur 71 · LE RÊVE · texte numérisé non relu

LE RÊVE

Ton rêve, heureux enfant, n'est pas un vain mensonge, L'imagination n'est pas encore en toi ; Elle tient de la terre, au lieu que ton beau songe N'est qu'un moment d'absence où Dieu t'appelle à soi.

Les anges sont venus près de ta jeune oreille

Et t'ont dit : « Oh ! pourquoi nous as-tu donc laissés ?

A notre éternité la tienne était pareille.

Tes yeux vers les mortels ne s'étaient point baissés.

« Tu touchais avec nous la harpe parfumée Et l'or de la cymbale et le sistre argentin ; Tu flottais avec nous dans la sainte fumée Qui tourne autour des feux de l'éternel matin.

« Tu soutenais le bras de la céleste Vierge Lorsque l'enfant de Dieu l'accablait de son poids. Ou bien tu te mêlais à la flamme d'un cierge Devant l'Agneau sans tache et le hvre des Lois.

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