CHANT DUMC JEUNE ROMAINE
PoraQUOi des ancit
Ma voixsuflirait-ellcàli
Laissez, lai&aez dormir les antiques douli
Ne forcez point mes yeui i se mouiller de pli
Parti du fond de la Sjric , Quel cri d'effroi glace nos cœurs:
mort, ton aveugle furie Est le sig;nal de nos malheurs!
Il est tombé l'espoir de la patrie, m désormais sacré,
Retentit da
héros trop tdt pleuré, :; tes amis en silence illent ton dernier soupir,
vengeance
'engeance.
Déjà la publique colère
tout bas le poison.
Préparé des mains de Tîbèr
lesn
is de Pi
Tremble, Pison, le châtiment s'apprête ils sont courts tes honteux hi Bienlflt pour apaiser d'importunes terreurs Un raaitre soupçonneux demandera ta léte.
Tel l'assassin épouvanté Craint jusqu'aux instrumens funèbres, Ministres de sa cruauté , Et seul, fuyant dans les ténèbres, Brise son glaive ensanglanté.
Quelle est la nef aui flancs agiles Quisillonnel'azur des flots?
Restes d'un demi-dieu, déjà de toutes parts S'élève à votre aspeet une clameur soudaine.
Orateurs, Magistrats, Pontifes, Sénateurs, Laissent l'autel d^'sert, l'échafaud sans licteurs; Au deuil universel leurs tristes vuîx s'unissent, La Tribune se ta.it, les feui sacrés pdlissent, Les chaots religieuï suspendent leurs accords ; Ces cris d'un peuple entier qui redemande un p Dans le fond du palais où se eaclie Tibère, Eveillent les remords.
Romains, laisser couler vos larmes !
Qui voiis rendra jamais les biens que vous perdez.? Ces jours trop peu connusd'un règne sans alarmes, En vain aux Dieux jaloux trop souvent demandée? Rome, si de l'objet de sa douleur profonde
Elle eùl reçu les lois.
Aurait connu dès-lors ces délices du monde
Qu'on ne vit ipi'une fois !
Dans un bocage solilairc S'élèvQ lu tombe d'amour;
Y rêver au déclin du jour.
Puisse un cœur inconstant et traître , Dans ce lieu passer un moment !
Sur l'albâtre du monument En soupirant lira peiit-ftre :
"Ci-git amour qui bien aimer faisait; Les faux amans l'ont jeté liors de vie ; Amour vivaat n'est rien que tromperie ; Pour franc omour priez Dieu, s'il vous plaîl
• Vous, arbres, dontl'abri mec Vous scmblez partag*']- le deui Et l'autoninDii vos pieds effeuille la Don Qeuri du printemp.^.
>Vous pleurerez bien tdt votre beauté De son souffle glacé l'biver va la flétrir Comme le noir cbagrin qui dépouille h El ne fait pas mourir.
7-,^ 'Les pieux babitans de ce lieu solitaire, Loin d'un monde trompeur ignorent tous Et, simples voyageurs , ils ne font sur la terre Qu'attendre leurs tombeaui.
■Laissant tous les mortets, bcureui S'occuper vainement d'un douteux Ils savent que leurs jours sont d<
Là, proclamant Ion nom, li Liberté chéri», L'écho répète : ■■ Allons , enfans de la patrie I • Ici : • Mourir pour elle est le sort le plus doux ! • Français, au nom du ciel, qui donc combattez-vc L'un répond : la Révolte , et l'autre : l'Injustice. peuple, de tes chefs ignorant l'artifice, Et toujours abusé par des mots géni
is agir pour toi, tu n'agis c]ue pour eux.
Ljon, est-ce bien toi que la France abandonne,
Toi, la plus belle fleur de sa
Toi, qui de ses rivaux fixes 1
Eh! de quoi punit-on ce peuple induslrieui,
D'une liherti- sage adorateur sincère.
Qui lasul conserver mime ans jonrs de Tibère,
Qui , paisible, mais fier, chérissait à la fois
Et son indépendance et le nom de ses rois?
Naguère il accueillit, au même esprit fidèle.
Du pouvoir et des droits l'alliance nouvelle.
Mais au bruit des forfaits, ce peuple épouvanté,
S'étonna de frémir au nom de liberté,
Brisa ce nouveau joug, et d'une main bardie
on sein le meurtre, l'inceDdie; Et Qëtrissaot Cbalicr d'un juste châtiment,
de la mort le fatal inslrtiment.
Ljon, voilà Ion crimcl Un sénat sanguinaire De son espoir déçu te promet le salaire.
Pour le rassasier et de pouvoir et d'or, Que de sang a coulé I que de sang eoulc encor, El ne doit s'arrêter qu'au jour où des supplices Les témoins seront tous victimes ou complices '. A Hs décrets de mort Lyoa a résisté.
Lj'on, tu périras! ton arrêt est porté.
Les tyrans de soldats ravis à nos frontières, Ont dirigé vers toi les phalanges guerrières. Des récits mensongers allument leur fureur, Et d'une indigne cause on flétrit leur valeur, Immolant au désir d'une aveugle vengeance La gloire, l'intérêt, le salut de la France 1 Quoi donc, subireï-vous une homicide loi?
Levez-vous, citoyens! Lyon, réveille-loi 1 Que des périls communs arment pour ta défense Le riche et l'indigent, la vieillesse et l'enfance. Des ennemis pour vous naissent de toutes parts.
Lcvez-voiu, levez-1 Di^fcndei vos foyers,
Cilojens, levot-vous, et que ïos adversaires, Surprb d'efforts si grands el de si lents succès, Sentent tjue devant euï sont aussi des Français '. Cependant la jeunesse, en ardentes cobortcs, de Précj s'éUnçant vers les portes, En défendra l'abord. Plus calmes, au dedans.
S'assemblent des vieillards les batailluDS prudi Us surveillent sans bruit, nocturnes sentinelles, Des ennemis caches les trames criminelles; Et d'une habile main l'intrépide Loin du métier oisif, sert le bron Dignes de tous, enfin, magnanimes, actives, Les femmes oubliant leurs faiblesses craintives, Parcourent des blessés l'asile douloureux, El leur tendre pitiésait unir auprès d'eux An remède puissant une douce parole, Au soin qui les soulage un mot qui II Ce sont elles encor dont l'oeil audi Suit le globe cnBammé qui traverse les cii Et, signalant au loin sa route 6ambojante,
Dirigent por leurs cria la pompe prévoyanlc.
Celles-i:i, (]U-inspirait la vierge d'OrU-an» , Ecoulent de leurs coeurs les belliqueux élans, S'arment; et l'assiégeonlau milieu du carnage.
ardeur l'enfant même Portait d'un faible bras les boulets ennemis.
Près du flcnve, Is ville à sa perle exposée, SVbranlait sous les feux de la rive oppi Là, d'hivers en bivers, lentement amassés, LeslîUde la forêt, de leurs troncs entassés, Formaient un sûr rempart, où l'airain formidabli Sans relâcbe, élançait la bombe infatigable.
Cedanger, dit Précy, doit cessernujourd'liui : Pour un noble projet il lui faut un appui; Déjà son œil le cherche et sa voix le réclame. • Qui de vous, Ljonnais, ira porter la flamme. Embraser ces chantiers si funestes pi Et montrer l'ennemi ipi'ils cachent A noscaupsi 0(1 obéit trop vite. Un essai téméraire De ses desseins secrets insb-uit son ad*
Aux regards de Précy, qu'alarme ur Laurençon et Dujast soudain se sont offerts.
. seront comblés. D'une audace naissante ^ L'ardeur a coloré leur joue adolescente : Rien ne les intimide ; ib sont dans l'âge heureux Oùl'amc encoreouverleani pensera généreux Méconnaît les périb et ne voit que la gloire, Despcrib?.. Les tlensseuls vivent dansleur mémoire Lyon ! et pour toi, fiers d'exposer leurs jours, Ils bravent les conseils, dédaignent les secours. Impatiens d'agir, rinstrumcnt de ravage Qu'un démun destructeur inventa dans sa rag«, Le tube incendiaire, au vol fatal et prompt.
Sous un étroit lien presse leur jeune front : Tous deux plongentaulleuve, et, d'un brasintrépidc L'un et l'autre à l'envi fendent son cours rapide. Leurs amis cependant, les larmes dans les yeui, Tremblntis d'avoir reçu leurs éternels adieui, Ecoutent sur la rive, immobiles et sombres, Chacun des bruits légers qui traversent les ombres: Et tous, malgré la nuit, sur le fleuve penchés, Tiennent au bord lointain leurs regards attaches-
Le Hbâne semble fuir de ces bords désolés.
Lui-même aui aasi^-geaus, dans ses Qots i^coulrs,
Il ouvre un gué facile, et son onde tariez
Ainsi que la fortune,» trahi sa patrie.
Cédei, le ciel le veut ; cédez, tristes Français j
Vous luttez vainement; vosmauxsont^l'eicès {
Fujei, allei cbcrclier (juelque lointain asile.
Lyon, de tes cnfans une moitié s'exile!
Que dis-jc?cet ciil, ils ne l'atteindront pu ;
Le meurtre et la vengeance ont volé sur leurs pas.
Cachez, ah! cachez-moi cette fuite sanglante'....
Mais aux mors de Ljon, le deuil et l'épouvanle, Avec SCS oppresseurs, sont entrés k la fois.
Et régnent avec eux au norasacré des lois; Dusceau réprobateur ils martjueat leur conquite; Déjà, pour satisfaire à leur rage secrète, Les murs trop lentement tombent sous le marteaUf Trop lentement s'abat l'homicide couteau.
PoDrdes forfaits plus prompts, la mècheest allumée; Le canon part, répond à la mine enflammée ; La mort et la ruine À la fois ont frappé!
Leur espoir cette fois n'a pas été trompe;
Sous les débris fumsns de la ville (jui croule,
Le sang' en long;» ruisseaux de toutes parts s'écoule,
Et le génie allier de l'aoliquc Albion
Debout sur le détroit, l'œil £ié sur L7011,
Se repaissant des maui où la France est en proie,
Trois fois trouble les airs par un long cri de joie !
11 n'est pas temps encore! en vain tu t'es flatté
Qu'un peuple malheureux, proscrit, persécuté,
Disperserait au loin son errante industrie j
11 faut à SCS travaux le ciel de la patrie ;
Fleuves, champs patemeb, beaux vallons du Mont-
d'Or, Loin de vous, pour vous seuls, il garde ce trésor, Et lepremier soleil, après de longs orages, Reverra ses métiers enrichir vos rivages.
Tel, au penchant des monts, si ( Le toit mat assuré cède 11 l'e&ort du vent.
Arrachée à l'abri de la ruche native, Vous voyez l'habitante effarouchée, oisiv.
D'une aile vagabonde errer dans In forêt, El de ses doux travaux oublier le seeret ;
Mais qu'un bras vigilant relève son a^ile, Soudain le peuple ailé reprend sa loi tranquille, Portant de fleurs en fleurs un fructueux euor. Dans la cire odorante il épanche it flots d'or Un butin embaumé, pareil .^ l'ambroisie Qu'inventa pour ses dieux l'antique Poésie.
DÉJÀ la rapide journée Fait place aux heures d Et du dernier fils de l'aunée S'est enfui le dernier soleil- Prés du fujer, senle, inaclivc, Livrée aux souvenirs puissans, Ma pensée erre, fugitive, Des jourii passés aux jours présens.
Et livre au torrent destructeur ; C'est une ombre ajoutée à l'ombre Qui déjà s'étend sur mes jour» j Un priniemps retranché du nombrt De vtax dont je verrai le cours!
Ecoutons!... Le timbre sonore Lentement frémit douze foisj 11 se tait... Je l'écoute encore, Et l'année erpire à sa Toii.
C'en ut Taiti en vain je t'appelle, Adieu !... Salut, SB sceur nouvelle.
Salut! quel» don.< chargent la main Quel bien nous appurte ton aile?
Quels beauK jours dorment di Que dis-je! It mon ame tremblante Ne révèle point les secrets :
D'espoir, de jeunesse, d'altroilA Aujourd'hui tu parab brillante ; Et ta course insensible et lente Peut-^tre amène les regrets!
Ainsi chaque soleil se lève
En entrât nant, comme Nos vaux déçus et dispersés.
Mais l'espérance fantastique, Répandant sa clarté magii]ue Dans la niiit du sombre Nous guide d'année en année, Jusqu'à l'aurore fortunée Du jour qui ne doit pas finir.
■s la vierge timide, »idc; c de l'espoir, plus fidèle au mitlfaeur, Et dont le ehant magique Bssoupit la duuleur, Naît de eet amandier qui dans lea airs
I fleuris la pompeuse imprudence HàtoDS-nous, profitons de ces rians tributs ; Les songes et les fleurs demain ne seront plus !
u'iie une brillante image, ^ de l'or la dent du fi La noire mandragore, en inspirant l'horreur, Poursuit le meurtrier d'un fantllme vengeur, (îarde-toi d'approcher cette plante ennemie Qui jette la terreur dans nos sens éperdus; Tressons, tressons ces fleurs, Lâtons-nous, jeune
seront plus!
;i le cannellier, h l'ceorce odorante j Le songe du cœur pur i\m l'habite te jour,
n la douceur caressante :
Viens! 6 viens avec moi sur la mer azurée ; Qu'aui venu capricieux ma barque soitlivrée.
mn compagne, alors c]uc le soleil Colore l'Océan de son écl Ou lorsque, s' échappant de la nue orageuse, La neige au sein des Rots tombe silencieuse. Que nous font des saisons les cban|;entens div La flamme qui nous luit ne connoîl point d'hivers.
■ azurée, Qu'aux vents capricieui ma barque soit livrée; Oublions des saisons lea cbangemens divers :
La flamme qui nous luit ne connaît point d'hivers.
Crois-moi, fuyons la terre et ses brillantes chaînes ; L'Océan fut créé pour les âmes hautaines ; ConGons-nuussans crainte â son sein indompté, Refuge de l'amour et delà liberté.
LA, point d'œilcurieui, point de langues traîtresses N'oseront épier ou blâmer nos caresses :
Nousn'auronspourlémoiuqu'uncielpropiceetdoui Qui semble s'abaisser entre le monde et nous.
irla
lurée,
"S Qu'au» vents capricieui ma barque soit livrée Oublions des saisons les cbangemens divers :
La flamme qui nous luit ne connaît point d'hiv
O qu'il est beau cet esprit immortel.
Gardien »acr^ de notre destinée '.
Des rieurs d'Éilen sa t^le est Il resplendit de l'éclat éternel.
Dès le berceau sa voiï mystérieuse,
confiis d'une ame ambitieuse, Sait réprimer l'impétueuse ardeur, Et d'Age en Age il nous guide au bonhi
Dans celte vie obscure à mes regards voilëp, Quel destin m'est promisî il quoi suis-jc appelée' Avide d'un espoir qu'à peine j'entrevois, Mon cœur voudrait franchir plus de joui Si In nuit règne au\ cieui, une ardente i:
iquiel révèle son génie ; Mes compagnes 'vn vain m'appellent, et De la main qui l'attend s'éloigne avec di
Crains, jeune enfant, la tristesse sauvage
Dont ton orgueil
Loin de les fuir, cours aux jeux de ton àgc,
cieUl pour toi :
Aux dou» ébats de l'innocenle joie N'oppose plus un front triste et rêveur; Sous l'oeil de Dieu suis ta riante voie, Knfanl, crois-nioi, je conduis au bonheur.