L.\ JEtTNB FILLE
n devant moi se révèle !
regards ravis que la nature est belle !
m tmon ame, ou qu'embrassent mes jeu )
TêloiçMs-tn? ton absence l'expose A le chercliercn Tiin à son réTcîl.
Si tu frémis pour ïod Daùsant voyage, De s* jeune tme eicrce ta vigueur; Voilà ton bat, ton espoir. Ion onTrage ; Mère, crois-moi, je condois au boobeur.
Ll VIEILLI rEMME.
L'hiver sur mes cheveiu étend sa main glacée, 11 est donc vrai ! mes voeux n'ont pu Tans arrêter. Jours rapides ! et vons , pourquoi donc me quitter, Rêve* barmonîeni qu'enfantait ma pensée?
HéUs ! sans la toucher, j'ai laissé se flétrir La palme qui m'offrait un verdojani fcnîlla^, Et ce feu, qu'attendait le phare du rivage.
Dans nn fojer obscur je l'ai laissé moarir.
Ce feu sacré renfermé daos ton ame S'j consumait loin des profanes jeui ; Comme l'encens offert dans les saints lieni , Quelques parfums ont seuls trabî D'un art heurcui tu connus la douceur, Sans l'égarer sur les pas de la gloire ;
tu la Cl
fant aux jcui noirs, demeure-lui Gdèle :
Les fiU de l'Hélicon, de leurs plus doui accords, A tes heureuses mains ontlivrélef trésors.
Mais toi, brillant rameau d'une tige choisie, FécoDiIe, et dès long-temps chère A la poésie, N'as-tu point entendu ses acceos immortels?
N'as-tu point en secret encensé ses aulels 7
O cjue son culle est pur, que sa
Quand elle insiruil tout bas une
Alors l'ardent espoii
Ou l'inquiet souci d'
Sont ignorés encore
Est émue du calmée au seul son de la Ijre.
Tout lui parle, la touche, et fait tiallrc ses chants
Le réveil d'une fleur, parure de nos champs,
La plainte d'un oiseau, sous l'ombrage égarée,
Les feux Ircmblans, épars dans la voûlc
El l'automne, où la terre est prête à s'assoupi
Où les vents l'i son deuil mêlent un long soup
Et les feuilles des bois au» premières gelées.
En légers touibillons dans les airs envolées :
Vagues émotions, douK et rêveurs li
Le poète chérit vos ionocens plaisirs !
C'est alors que parfais, au souffle de la Muse,
Apparaît tout-à-coup une image confuse;
Sa beauté, par degrés, dévoilée à nos yeux.
Se revêt mollenient d'un vers harmonieux,
Et la rime bieotât, sonore et cadencée,
S'éveille, et sans effort s' enchaîne k la pensée.
De poétiques fleurs eouronnent la jeunesse,
a plus chère a su le les c Des travaux paternels lu peux t'enorgueillir. Toi qui des monts d'Ecosse as gardé la mémoire, Et du lutin d'Arg-ail sais la touehante histoire, Le charme des succès ne t'est point étranger; Mai-t lu l'auras goûté sans peine e
Soudain le flot in rejette au rivage ; Ce l^ger choc décida son naufrage....
Jcrattcudais!...
Je fie à l'onde une feuill« nouvelle, Cherchant le sort que pour mon luth (idèli
Unve
'ainemenl ni rapide < El mon (
j'espérais emporta m
on miracl.
on oracle
Sur cette rive où ma fortune expire,
Où m.
jn Ulcnt s S'est euvi
ur l'aile di
. Zéphire
Vais-je ei poser
Un voru plus cb<
A recula,
sur l'élémenl perlidt ?r?.. Non, non, ma i
Mon faible ccrur, en blâmant sa faiblesM?, Ne put bannir «ne sombre tristesse.
Un vague effroi:
Un cœur malade est crédule aux présages.
ViEns Temple, antique honneur de la cité royali ^i^Ji,/^ Où Clovis inclina sa ti^te martiale,
Etseiilit, sous ta main du poulife sacn^, L'onde sainte mouiller son front ri-gin6ré, N'as-tu pas vu, du sein de ta froide poussière, Des siècles endormis se lever l'ombre altière? Pour toi les temps passés vont-ils renaître Oui ; la ncf F resplendit de feux, d'azur et d'u
La foule se pressant sous les muets portiijues
;illc l'écho des si El, ficre, avec transport lu ressaisis oes droits
D'un temple simulé lu brillante structure,
Déguisant â nos jcui ta nobli; architcclurc,
Nous dérobe, ilest vrai, ces pensera imj
Que révciUent en nous les vestiges des a
Mais de la Royauté le faste s'y déploie.
Signes accoutumés de la publique juie,
Le ferluit, l'encens fume, et des autels par
Les puissans de l'État encombrent les degrés.
Pourquoi lorsqu'une plainte, un seul cri de détresse
Peut attrister soudain te concert d'allègre
Pourquoi desprisonniers?... Sous ceslégers
S'agitent tristement de timides oiseaux ;
11 s'efforcent à fuir, d'une aile effarouchée,
Cette pompedes rois qu'ils n'avaient point cherchée
Pauvres petits captifs! privés d'un bien si doui,
Lii liberté, que toute voix réclame,
De vos tyrans ne soyei point jaloux, Chacun d'eus l'appelle
Revft d'un Mot féodal,
SuccDinbent i leur tour à ce channe falsl ;
Lour (i«nt s'appesantit, leur i^paule s'incline,
Sous le biindeau de comte ou le manteau ducal.
Des insignes rovaux, doublant le faix suprême. Et fidèle à la majeslt.
Il effleure en passant le monar<pic lui-même Esclave de sa dignité.
A son souffle glacé, le long des galeries,
Comme ces fleurs d'un jour dans Se décolore la Beauté :
L'éclat pompeui des pierreries, Le poids des lourdes broderies Enchaînent sa légèreté; Son inquiète oisiveté Accusant les heures tardives.
Sur les pas de la Liberté, Voitsenfuirles Grâces crainlivi-s.
La Liberté '. bientôt vous pourrei l'espérer,
is fiétries,
Triales oiseaux! voyei, réduits i l'implorer,
Toiu ces voLonUirea esclsTes, Dont un pi^ge flatteur ou de brillans appâts, Dans celte cage immense ont attiré les pa&!
Pressi's de s'affranchir ils invoiguent tout bai
L'instant (]ui rompra vos entraves :
Le voici'.... Mille cris s'élèvent à la fois. Le canon fait gronder sa formidable voix; La cloche livre aui vents ses bradantes volées Et soudain, dans les airs, les cohortes ailée* Cherchent d'un libre essor la céleste clarté : Du bonheur des oiseaui elle est l'avant-courriéi
C'est pour trouver la liberté,
Qu'ils s'élancent vers la lumière.
Mais des vitraux sacrés le jour mjsli'rieui Déguise ce vrai jour que réclamaient leurs yevu ; Mois les mille clartés de ces fêtes pompeuses Abusent leurs regards par des lueurs trompeuses ; L« vapeur de l'encens, les chants religieux, Le bruit confus du peuple enfermé dans Les vils rellels de l'or, tout acerotl leur vertige Déji le faible essaim en tournojant voltige;
Le hue et ses trésors, les arts et leur féerie, Et la pompe de nos auteU?
. Pourquoi donc ù leurs jeui les immoler encore
5i-XUliÇfl? Ces ehantres des bosquets, cbarme de nos loisirs. Qu'un soulltc du Seigneur dans les airs Ut éclore r par leurs plai
Pourquoi les retenir sous la voûte gothique? Leurs cris retentissant de portique en portique Devaient-ils réveiller l'écho religieux?
Que ne leur rendiez-vous de leurs forêts natives Les cintres verdoyans, les mouvantes ogives,
Et la voâte immense des cicui?
Ce n'est qu'au sein des airs que leur vol scbalance ; Au seul écho des bois appartient leur chanson :
Hélas ! votre avare clémence
N'a fait qu'agrandir leur prison 1
Eh: qu'aviez- vous besoin de peupler vos églitei Des emblèmes vivans de ces vieilles franchises Qu'aujour du nouveau régne imploraient vosaïeiix? Quandlestempssontchangés,qu'imporleâ[napatrîc "9
Des mœais qui ne sont pliu la vainc allégorie
Elle a des biens plus préc:
Et la Vérité seule «st aimable à ses ycui !
Vous que scellent encor les vengeances rojales, Lere^vous, lourds barTeauXjtombez, grilles fatales.
Qu'un t>ardon descende sur vous :
I Si de la Liberté nous invoquons l'image, Les cacbols dépeuplés lui rendront un hommage
Digne d'elle et digne de nous!...
Mais d'où naît Ion audace, A toi Ijre timide?
Pourquoi l'abandonner k son élan rapide?
Tu t'élèves, semblable à cet enfant des mers,
Qui d'un vol merveilleux tout-à-coup fend les airs ;
Dans la plaine ëthérée, à sa race étrangère,
11 déploie un moment sa force passagère ;
Mais du souple tissu qiji soutient ses cSbrU
Si le jour a séché les humides ressorts,
Du transfuge des eaux alors la chute est prompte,
Et t'clément natal ensevelit sa honte.
Pourquoi veui-tu braver te sort qui t'est promis ?
Lrre, reviens aux citants qut seuls tesont permis....
Jamais les pleurs réels à mes jeux arracliés N'ontpu mouiller CCS chants de ma veine épanchés: Quelquefois me berçant d'espérances lointaines, J'aurais voulu tenler ces régions hautaines, Où sous l'azur des cieui nos aigles rassemblés, Tracent d'un vol hardi les cercles redoublés ; Mais jamais dans les airs mon aile balancée, N'a fermé sans fléchir la courbe commencée ; Toujours mon vol tendait au terrestre séjour, Et mon ceil s'est baisse devant l'éclat du jour.
Loin de moi, induisante fée, Luin de moi ton prisme imposteur Trop souvent ton soi Apaisa ma plainle étouffé^'.
Pourquoi le plaïrc à m'égarcr, Pourquoi ces perfides caresses?
Je ne crois plus à tes promesses.
Non, je ne veux plu» espérer.
^ 156 ■€ Les appuis que moD cœur Iranipiillt:
Crut opposer aui coups du sori, Plus faibles qu
Se sont lirls<^s au moindre effort.
miasl la fortune est U'^re, L'omilié vaine eL passagère DcrintéHttsuLitlaloi, Et dans sa pitié mensongère Se rit de la crt'dulc foi.
Dans les rfvcs de la jeunesse L'ombre du bonbeur nous séduit; Sur les pas, trompeuse déesse, Nous croyons l'atteind El le repos mf me nou; Mais à peine un malhi On t'iuvoque, ta main efface Le soudain effroi qu'il produit ; Noua n'osons regarder l'abîme i Ainsi qu'une liîche vielime Pàlil à l'aspect du bourreau, Et dans la liijucur enivrante OScrtc i) sa li
'i. vé^
MnsE, est-ce vous? dans ces bois dcpi Où l'Aqtiiton nu loin gronde D'un long regard, aux bosquets clFuuilli Vojis demandez leur riante parure ; C'est vainement. L'impitoyable hi Di^triiit les fleurs; mais son souffle perSde Vous laisse au moins ce laurier toujours vert, le front d'Adélaïde.
•ri^.
Une brise inconnue a passé sur la Ijrej La IjTc lui repond par un lugubn £t de vagues terreurs tout bas semblent C'est un souffle de mortl
Je vois sur l'Hélicon un long crtpe s'étendre ; De ses barpes en deuil, les gémissantes voii S'élèvent, et le nom que je tremblaii d'entendre A retenti deui fois.
Je ne le pouvais croire! Il esl donc vrai, c'est elle, C'est elle qui nous fuil, c'est elle que je perds ! Cessez, 61s d'Apollon, cette plainte fidèle, £[ CCS pieux concerts.
Toi, qui lie toua les maux, fruits a:
Ne craignais que l'oubli?
Du volage public l'indiffèrent silence Te Gt douter parfais ilc Ion nobli Mais tu meurs, et ce jour auï fastes de Inscrit ton souvenir.
Comme un juge indolent,
si la foule som
Auxbruits des chanta ri vaui
[quis'ëlèventi
A la (in du combat sa justii
ce s'éveille
Pour nommer les V,
linqnctira.
Son arrôL sur Ion front a posi5 la Le poétique essaim de tes succès épi Contemple avec respect l'éclat qui t' Et le cède le prix.
lourrait j prétendre, et d'une main à ton cercueil ces lauriers éclalaos?
'oserait asseoir à celle place vide Où tu régnas long-temps?
ChiiiiUd'amour,pursaccensdignesdusiècleantique, Mtlodieui soupirs, cbcrs au sacré vallon, Coiilrc le temps ingrat votre pouvoir iDa{;ii|uc Proté^ra son nom!
Mais que lui fait la gloire, autrefois son idole? Sans doute elle dédaigne en un svjour plus beau Ce bien, le seul pourtant, de ce monde frivole, Qui noua suive au tombeau.
Le seul, ab! qu'ai-je dit, l'amitié plus puissante Sur les bdtes du ciel conaerreencor ses droib^ Et peut-être, panni la foule gémissante.
Tu reconnais ma voix.
Ebbien, tu l'as voulu, j'ai rempli ma promesse. J'ai chante: dans mon sein étouffant mes soupirs,
Maintenant luisscz-mui daae l'umbre et le mygtèr Pleurer les doux avis dont l'espoir m'animait, L'nccueil accoutumi;, lu voit qui m'était ehèrc, Et le eœur qui m'Htmait;
Heureuse de pouvoir, dans ma douleur profonde, Sur sa tombe eu secret déposer quelque La regretter tout Las, et décober Des jeux mouillés de plci
(a SIjambrr it la Cljâtrtainf ,
lUlTÂTlON DE M&TURIN.
« Délivrez-moi de ma lourde parure, Ces longs habîLs, celle riche coiffure Doublent eneor la fatigutï du si l'avance, et déjà du n ^pais sont enveloppes d'ombre.
Seuls, du soldat veillant dans la nuit somfarr Les pus ôganx Font relentir les tours j Hàtei-voua donc, prètei-n
Jo veux ce soir pour prii de votre zèle, Vous proposer une énigme nouvelle.
Par toi, Loise, un désir esl rempli A peine éclo.s ; et d'un trop long oubli Je dois venger ta muette tendresse. Ce carcan d'or qui paraît ta maîtresse, Aimable fille, est désormais à loi ; Garde toujours ce souvenir de moi.
Et vous, merci, car vos mains, damaisclle.s, Plus que jamais sont promptes cl Gdèles. • La dame alors s'approcha de son lit, Sous sou beau corps l'épais duvet (léeliit; Sur les coussins laissant tomber sa tête, » Écoulci-moi, dit-elle, je suis prÉle :
Or, qui saura me dire, d'entre vona, Quaitd le sommeil nous arrive plus doux?
Parlez !... Pour moi, dit Blanche avec myst.
Je ro'endors mieux, je ne puis vous le taire. Quand une vieille, assise & mon fojer, Me fait lout bas des contes de sorcier, Ou me redit l'histoire véridiquc Du moine blanc qu'au monastère antique.
Près des tombeaux on voit errer le si Et je tressaille, et crois aussi le vi
1 vient, et l'erreur se prolonge ; Ou m'arraehant au vain clTroi d'un songe, Je veille alors le rosaire à la main.
Si mon brasier se ranime soudain, A SCS lueurs inégales et rares Mon iril poursuit mille formes bizarres Qui semblent Tuir, glisser le long; des murs, Et s'élever jusqu'aux plafonds obscurs.
— La peur est-elle un plaisir? > ditGermoni En secouant sa jeune tête blonde; « Moi, j'aime mieux, le front sur l'oreiller, Ouïr comment un jeune chevalier E.st rencontré de quelipe blanche fée ; Par les périls sa valeur cchaufiee Doit Iriomplier d'un noir enchantement, Et sous ses coups tombent en un moment Cent paladins et les génns cux-mémc ; Et c'est alors que la beauté qu'il a S'uDÎt à lui par le plus doux lien :
Que peut de plus un chevalier chrétien
K qui, fujanl la contrainte du jour Y va rêver à son premier amour.
Premier!... dernier!... ah! quel est Son seul amour, aurais-je dû vou.s dire 1 AJler. en paix !... Aloïse, c'est toi Qui veilleras ce soir auprès de moi.
Et maintenant, bonne nuit, damoîselles!
— Dame salut! • ensemble dirent-elles ; Et sans retard, le cortège attentif S'éloigne alors d'un pas lent et rurlir.
Leur soin discret cldt ta porte fidèle ; Et le rideau qui retombe sur elle, Rasant le seuil avec un léger bruit, Semble h son tour murmurer : Bonne nuit !
. Toi, viens, enfant, viens, et me faU entendi Quelcpie vieui ebanl mélancolique et tendre.
N'en sais-lu pas qui soit triste à la fois
Dont l'harmonie, ou rf vcuse ou plain le attentive,
c effleurer mes yeux'
La jouvencelle à sa dame
Du riche étui, dont l'éclat le déguise,
Tire soudain le luth aux doux accords.
L'heure esl propice ; au-dcdans, au-dehi
Rien n'iiiterruiupt le nocturne silence.
La Châtelaine en sa molle Jadoli
De ses pensera suivait le cours changeant
Et se taisait. Dans la lampe d'argent
Qui se balance ii la haute solive,
Se consumaitle doux jus de l'olive;
De SCS contours ('isel<ï<i avec art
Quelques rayons échappés au 1
Vont efileurer le lit où se déploie
L'azur mouvant des courtines de
Ses longs tapis où, d'un épais velours,
La blanche hermine enrichit les contours,
Du dais inasâif les angles où se cache
L'or du cimier sous l'ombre du panache.
Et la splendeur des pilastres dores
Qui de l'estrade entourent les degrés.
D'un chomp de soie où l'argent
Le bleu tissu de la tapisserie,
A pans é^uz voilait le mur grossier.
L'oeil admirait, près du vaste fojcr, Du prie-dieu l'élégante structure ; Là le missel qu'earicLit la peinture Repose ouvert, et de toutes les Son lilanc vélin réfléchit les couleurs Et le feu clair qui pétille dans 1' Du bénitiersemble rougir l'albâtre.
Pour les parfums les vases préparés Brûlaient encore, et de leurs Qancs dorés Ils unissaient les vapeurs embaumées Au doux tribut de ces eaux purft Luxe odorant avec soin épanché Sur les rameaux dont le sol est jonché.
De ce moment secondant le délice, L'astre des nuits, voluptueui complice Glissant alors à travers les vitraux, Vint ranimer leurs transparens émauï, Et colorant le pavé de la chambre Y refléter l'azur, le pourpre
Quel oeil mortel résiste i ses douceurs,
Quand le sommeil compte pour precurseur»
De doux parfums, des clartés fugitives, Des mois flatteurs et des notes plaintives?
Loïse enfin, d'un air timide et doui, Saisit le luth posé sur ses genoux, En raffermit la corde détendue, Des Ions divers parcourut l'étendue.
Dans chacun d'eux préludant lour h tour ; Puis murmura le chant qu'un trouhadour, Pour mieux bercer la heaulé qui sommeille A sa mémoire a confié la veille.
(Sfianf.
• Dormez, noble dame, dormez!
Les murs gardés font les nuits sans alan Laissez veiller vos hardis hommes d'am
El ceux que vos yeux ont charracs.
Ah! si le comte de Montforl, Le champion de l'Eglise de France,
•.s bannercts le plus fori,
leilleure lance, Contre ce chûlel, quelques ji Guidait ses archers intrépides, Le vol de leurs flèches rapides Ne saurait efileurer ces tours.
Dormex, noble dame, dormez !
Les murs gardés font les nuits sans alanncs Laissez veiller vos hardis 1
Et ceux que vos jeux ont charmés.
Cinq cents chevaliers valeureux Font circuler la coupe dans vos salles, Vos vassaux dix fois plus nombi Secondent leurs armes loyales ; Qui pourrait contre leurs désirs Troubler les songes de letirbelli Hors la cloche de la chapelle Ou le dout bruit de leurs soupir
Dormez, noble dan
, don
gardés font les nuiti Laissez veiller vos hardis hi Et ceux que vos jeni ont charmés. •
Loïse alors se tut, et sa maîtresse
Avei; eSbrt soulevant sa paresse,
D'un bras de neige cnlr'ouvrit ses rideaux,
Et soupira : • Malgré ces forts crént'aux
Ces bons arcbers, ces nombreui hommes d'arr
Et les vaillans dévoués à mes charmes,
Un ennemi s'est glissé jusqu'il moi !
— Dieu I s'écria LoLsc avec effroi,
Quel est son nom?.,. • Et respirant à peine
Elle écoutait; mais delaChâtelainc
Un doux sommeil avait fermé les jeux,
Et du rideau quittant les plis soyeux
Sa blanche main retomba sur la couche.
Pourtant Loïse, au souffle que sa bouche
En sons confus exhalait tour à tour,
Prêta l'oreille, et crut entendre : Ahodr.
Alobs que sur lu monts t'ombre s'est abaissée,
sont plus s'éveille la Le temps fuit plus rapide, il entraîne Le cortège léger des heures de la nuit.
Un suuge coiLsolant rend au cœur solitaire Tous les biens qui jadis l'attacbaient à la terre,
scntimens et ses premiers amis, Et les jours de bonheur qui lui furent pi
Soleil, tu disparais sous l'aile de la nuit, Et Tuon triste regard vainemcot te poursuit.
Demain eus monts d'azur te reverront Mais Julia demain ne verra pas 1' De mes jours languisasns, que la douleur flétrit, La Qammc vacillanteà chaque instant pâlil.
Tu m'entendras, A loi redoutable Déeue; Tu béniras encor ta mourante prëti
, écho* des bois religieux, Qui répundiet souvent i mes hjmnes pieu)
Jours solennels de ma courte jeunesse !
Un sort lointain d'une vagu
e terreur,
Troublait ma vie et glaçait
ma pensée
Et la douleur dons mon am
e bercée.
Pour s'éveiller attendait le i
malheur.
Le malheur tonne, et son c<
Durtsommi
Sa froide haleine effeuille m
a jeunesse
La tombe ouverte attend mi
?s derniers
Mftis son repos est doui à m
iQ misère ;
J'irai dormir h côté de mon
pèr,,
Je te salue, heure de mon tripaa l
Unique objet de qui j'étais chérie, Unique amour qu'on permit à mon de mes jours cher et Tuneste auteui Tous mes efforts n'ont pu sauve
Tan
t dun
s de la
Et cet espoir console ma douleur.
CiKcinn ! tes fureurs satisfaites, M'nnt vue en vain pleurant à tes gem
les saintes bandelettes Sans adoucir ton superhi
Juge inflexible, un jnge plus sévère Saura partout l'atteindre et te punir :
Romain cruel, tu m'as ravi mon père, Mais la rigueur ne peut nous désunir.
Qui chez les morts, de loin me tend les bras..., Hâte ta marche, heure silencieuse, Heure aarrëe, heure de mon trépas I
Quelle voix sombre incessamment m'appelle?
Je vois déjà la fatale nacelle, Ellcs'avunce.... Adieu, temple sacré.
Portiques saints, auleLs im j'ai pleure, Parés de fleurs par mes mains moissonnées.
Et que mes yeux ne verront point fanées!
Monis escarpés, rochers, flambeaux des cieux, El vous échos, recevez mes adieux!
Ne pleurez point, û mes jeunes compagnes.
En confiant ma tombe à ces montagnes.
Je touche au port, et ma mourante niaîn, Suspend aui murs du sacré sanctuaire Ces saints bandeaux, ce vêtement de lin.
Derniers iribuU d'un voyage éphémère.
Quel froid raortel!... ijuelles ombres! la nuit
Autour de moi se glace et s'i'paissit....
Ce vcDt léger que mon front sent û peine....
Aulic riante! est-ce la fraîche halei:
Du jour naissant lu devai
II vn briller.... je n
Je sens déjà ton aile ténèbre
C'est toi.... salut, heure silencieuse,
Heure sacrée, heure démon trépas!.. > °
Est-ce encor Julia qui doucement soupire?
Fion, c'est le dernier son échappé de sa Ijfre; Et comme elle expirant, ce bruit harmonieux S'afiâiblit par degrés et se perd dan Le souffle matinal eSace les étoiles.
Et de la sombre nuit repousse au loin les voiles ; Sur les monts azurés l'aurore luit.-., hélas! N'avait-elle pas dit : •
■1 dinxil que *oitre Aouïk langaigr n bumaÎDS aliène el Et que Taccueil Je nu doulees m PeuK appaisar Mars enlre ta baDiira.
Si VDUi iDuchei «spinettes oa lui.
Vous appaiseï les sujeU ifEului; El à l'aller par tei ebampi vou> délecte, A chascun pai crokl une violelU.
Laissant nu
Qurir ses clameurs étoulTécs,
L'enfant aussi fermait des jeux l»ssés j
Près du bc
rccou, les bras entrelacés,
Dansait ali ElUs form;
irs le cbœur léger des fée*, lient des cbantB mélodieux,
Aériens, ir Mais dont A recneiUi
parfois la harpe du Trouvère les sons mystérieux.
L'aotre ^enrail seslèrm emlMom^M Une antre encor ses paopièns (tmita Et la deniicre, atec un front Tainqaenr, PoM jojeuEc une main sur Le charme est prêt, la mystique formule A mot5 presses de rangs en rangs circule ; La harpe ribre, et ses sons fugitif Ont éveillé les destins attentifs.
^onjnriifipr
L'éclat d"ui A glissé sur
léger météore
Dans lenr parure priiitanî< Les fleurs naîtront sous ton pi Reçoit un don plus doux encore, Ravis i la corde sonore
!ns de
etd'
El rends k ta noble patrie Les joura de la chevalerie, Et les chants de ses troubadours.
Reçois nos dons! Que si
Régnent les séduîsans di
Le mot qui plaît, l'accu
Et l'adieu qu'on retient toujours;
Dans tes yeux, ces regards fie flamme
Où l'srae se révèle à l'ame ;
Dans ton cmur enfln l'amitié,
Le don d'aimer pour être
L'indulgence au soupçon fermée.
Et les trésors de la pitié.
Mais notre jeune souveraine, Qui seule se taisait encor,
S'écrie : Un jour tu J'en atteste mon sceptre d'i Ton Tront digne du rang supréi EmbeUini ce diadème, Coni]u6tc et pissent du guerrier :
Nous le jurons par le mjstèrc, Le feu, l'onde, l'air et la terre, Et le rameau du coudrier.
Quoiltouslesdons?.. tous!., imprudente audace Mais vainement une sourde menace Leur présageait le courroux du destin..,.
El L'haque fce, en admirant sa grâce, Laisse un baiser sur le front enfantin.
Des harpes dW In voii folîenne.
Mourut alors comme un souSIe lointain, Et par degrés la troupe aérienne S'évanouit aux lueurs du malio.
Naguère ex ci li
CI les transports.
Talens, délice:
, de la ïie
Prùtc/.-moi vo!
1 brillons .
ïceords!
Harpe sonore,
ton empii
re
Du sort n'épro
uve point
les coups,
El toujours te
malheur 1
'inspire
Des chants pli
i» pui&san
s Et plus de
Vers la France , o légers nuages , Que chasse un luut rapide et frais.
O France que mon cœur i J'aime ù dire en rêvant l'i t Peut-être une larme fidèle Sur cts bords coule encor Peut-êlre une voix altcndrie, De mes chnnls émue en secrcl, Murmure le nom de Marie, Treasaille, soupire et ae laitl
Vers la France, 6 légers nuages Que chasse un vent rapide Porlei ;'i sesjoyeui rivages Me» vreux, mes soupirs, me
JElcsalue.ùVierg
Ton humble autel reconnail-il ma voi
Est-ce bien lA ce degré sulîtaire
Où, jeune encor, j'ui prié tant de (ois''.
Oui, lu vuilà cette image golhitjue Qui souriait, son ùnhut dans les bra« ; Voici la nef, et le pavé rustiijue Qui ri^sonnait au seul bruit de meii pa:
DiBCT des beaui-arts, père de l'hi Vois régner en ces lieui
Tu m'aliandonne^!... dunj les pli
S'éteint le feu de mon génie.
douleur! je ferrai des vainqueurs insolens,
Dana ces murs apporter la 11; Nos autels renversés, nos guerriers eipirans
~ je ne suis qu'une fei
Mes tbints, amis de l'ombre et du myatire Vous rediront le sort de Périslère.
Prèlez l'oreille, 6 Nymphes d'alentoui-, Et gardez-vous de défit-r l'Amour.
ilagcr ses pasKeréaui fidèles, Le char d'azur de la reine des belles S'abat à l'ombre, au sein des prés fleuris ; Libres de nœuds, les oiseaux de Cypris, Aux QoU d'argent des ondes jaillissantes, Rafraîchissaient leurs ailes frcmisMntes.
Amour rf vait et riail à la fois ;
Faible jouet de sa malice oisive,
L'email des cliamps s'effi^uillait sous ses doigts.
-Pourquoi livrer d'inulilesoiïrandi's
Aux vents jaloui, tandis «ju'on leurs parvis
Gnide et Paphos rùclamcnt des guirlandes?
Viens essayer, dit Vénus li son fils,
Qui de Qous deui, sur le sein de Cybclc,
Aura rueilli la moisson lo plus belle,
Entre cette heure et l'heure où lo soleil
Vers riioriion penche son front vermeil;
Quand, moins ardent, son ravon se prolong-e,
El (jue des bois l'ombre à leurs pieds s'allonge. •
Vous, qu'il menaee, ù Nymphes d'alentour, Garilez-vons bien de défier l'Amour.
Il part; l'Eurus dans sa e
Dt^jà Vénus <]«'
Voit sur le sein de la verlo prairie
S'nnioncclcr la ri-colte fleurie.
Vous, iju'il menace, û Njmpbes d'alentour, Gardtrz-vous Lien de défier l'Amour,
Miiis fjud témoin du la lutte divine
Parut alors à travers les rameaux,
Que Llanchissaît la uaissantc aubépine?
Ce front de lis paré de Lrana anneaui,
Cc$ grands j'eus noirs, dont la flamme mobilt
De l'enfant-dicu suivait le vol agile,
Et de ces traits la timide gaîté,
Tout révélait quinze ans et la beauté.
Entre SCS mains s'amassent en fa El des bosquets l'odorante ricli Est rassemLltie aux pieds do la déesse.
Vous, qu'il menace, A Nympbi
:d de défier i'Amoui
Mais l'ombre croit au pied de la colline, Le char du jour vers l'Occident s'incline Venus alors montre à l'Amour surpris L'ample moisson autour d'elle amassée; 11 s'en irrite, et »a iîcrté blessée De ce combat cède à regret le prix.
Mais son vainqueur bientôt frappi Près de Cypri» une nymphe ingén Se tient cachée, el, sous ses voiles bl, Contre son cœur presse des bras Irembl L'enfant ailé lui promet un salaire, Et de son arc la frappe avec colère.
Vous,,]
lu'il
ù Nymphes d'alcnl de défier l'Amour.
, et Dc fui point aimée.
V^nus, leDlcmcnt consumée, £lle marche au tombeau, "^ Où ne la suivra point une larme fidèle.
Nnn, ce n'est point Erînne, hélas! ce n'est pas elle.
Elle a fhssé comme l'aurore Qui fuit au sommet des câteaui, Comme In voii triste et sonore Du l'vgne entraîné par les eaui, Comme la fleur de Cjthérée, Quand les heures de la soirée Découronnent son front vermeil, Ou comme la source argentée, Dont l'eau faiblement agitée, S'épuise aus rayons du soleil.
Celle qu'il faut pleurer, celle-là souffre
Mais elle attend son heure, et peut-être l'implo)
Elle a vu dans la nuit, Sur son lit qu'entouraient de sinistres présages,
Et printrmps.