‹ PoésiesChapitre 62 sur 71 · SCENES · texte numérisé non relu

SCENES

Jaillit loin des jeuK du passant, Où la brise d'avril, d'une aile priatanicrtf. M'apportait en fujant i travers la clairière,

L'odeur du feuillage naissant;

Bords féconds et chéris, frais et ri^nt théâtre, Où la Ijre à la main ma jeunesse folitre

Ouvrit le drame de mes jours, Parfois quand du sommeil mes nuits sont délaissées, Votre image s'éveille, et des scènes passées

Je crois recommencer le cours.

Je revois tour à tour la penchante colline Dont l'invisible écho, d»mu voie eofaatine,

A répété les premiers airs ; Cet enclos ombragé cher aux plaisirs rustiques, Ht de ceux que j'aimais les ombres fantastiques

Peuplent encor ses bancs déserts.

Voici la blanche église et l'autel de Marie, Et tous ces liens alors chers à ma rËverie, Où j'ai chanté, prié, souffert;

DUPASSE. a73

Car mesbesuijoursjliélasl n'étaient pasMiisniiag^e, Et plus d'un sombre aspect, avec leur douce image, : s'est o(ten.

Pourtant le coeur fidèle k ces jours d'espérance, De leurs tnomeng de jo!e et même de souffrance

Ne veut.rien livrer k l'oubli :

Des maux qui ne sont plus l'amertume s'efface, Et quand la main dû temps en adoucit la trace,

Le malheur est presque embelli.

Ainsi, durant le cours d'uu rapide voyage.

Chaque site en fuyant, ou fertile, ou sauvage,

D'attraits nouveau» semble paré j Et les monts qu'au malin on gravit avec peine. Le soircharmentuos jeux, quand la vapeurloinlaine

Y jette son vuile azuré.

„..,C<,<,glc

Page 1