LA MENDIANTE
Jtlti vos l'^khlB sur moi, et ayez compassion de w
m ]e suia sciile et puitre.
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Ls jour fuit, la nuit tombe, et ses ombres glacées Ajoutent leur tristesse A mes tristes pensées I Ponr moi, tout est besoin, souffrance, isolement; Mon feu s'éteint, mon corps languit sans aliment ; J'ai froid, j'ai faim. Pourtant du fond de mon asile J'entends le bruit joyeux des plaisirs de la ville. Dans ces jours de folie et de brillans loisirs, Qui pourrait refuser h mes bumbles désirs a5
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Le pain qui soutiendrait ma débile existence ! Sortons, et des pauans réclamons l'assistance : Que du moins leur secours m'empêche d'eipirer, Si je puis me résoudre ^las! A l'implorer!...
Moncœurbat, mes genoux Qéchi&sent, et ma bouche Craint de ne pas trouv er un accent qui les toucbe ! — Madame !..iUpassent tous. ..Monsieur!., sur leurchemin Vainement le malbeur tend sa tremblante main : A la pitié leur ame est à jamais fermée, Ou ma voix A prier est mal accoutumée; •Hélas!...
Quels dou X concerts ! quels sons pleins de gatté ! Dana ces salons, où brille une vive clarté, Retentissent ces airs, doux signal de lo danse ; J'écoute en soupirant leur rapide cadence.
Charme de la jeunesse^accords jadis connus, Beauijoursderaesbeauians, qu'étes-vousdeveniu? Loin d'un monde orgueilleux, les fêtes du village. Un rustique instrument et le bal sous l'ombrage. Me donnaient des plaisirs qni valaient tous les siens : A ses lobirs pompeux je préférais les miens.
LA MENDIANTE. agi
O momens fugitifs de mon adolescence, Qu'embellissait la paix, l'esi^oir et l'innoeence, J'en atteste aujourd'hui votre doui souvenir, Je ue demandais rien au dsuteux avenir, Rien, que de me laisser sans regrets, sans envie, Suivre le cours obscur d'une paisible vie!
Ëh bien! fortune, amis, espoir, j'ai tout perdu. Quand je réclame en vaî« le bonheur qui m'est dû. Vous, favoris du sort, bercés par la mollesse, Vous osez in'étaler cet éclat qui me blesse ! Je vis dans la douleur, vous vivez dans les jeui ; Pourquoi vousplusquemoi?pourquoivousseulsheureuj Tandis qu'autour de vous tout respire la joie. Que vos Ombres, glissant sur ces rideatii de soie, Décèlent vos plaisirs, moi, je souffre et je meurs. Ah ! du moins, que mes cris, mes sinistres clameurs. S'élèvent jusqn à vous et troublent votre ivresse. Frémissez ft l'accent d'une voix vengeresse ! Puissentces gais concerts, cedouibruitd'instmroens Se transformer pour vous en sourds gémissemens ! Qu'au fond de ces miroirs, brillans de vos images La misère et la faim de leurs pâles visages
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agi LA MENDIANTE.
Sur vos froDb consternés épouvantent les rîsl Puissent sur vous enfin, peser de tout leur prix, Ces colliers, ces bandeaux, ces coûteuses parures, Dont le luxe odieux insulte k mes tortures... Allez, soyez maudits!... Je m'égare... Grand Dieu! Qu'ai-je fait? qu'ai-je dit, hélas ! et «Uns quel lieu? Cet amer désespoir, ces criminelles plaintes, D' UD temple révcréstïuillaientlegniarcliessaintes!..- J'essaie à nie soumettre et je l'essaie eu vain ; En vain un froid mortel se glisse dans mon sein : Cette félicité, qui se cache à ma vue, Je ne veux point mourir sans l'avoir enbvvue ! Pardon nezi-moi. Seigneur! Je suis faible ; ma vois S'éUve encor vers vous une dernière fois; Parlez, Dieu tout-puissant! de ces biens de la vie, Me rendrez-vous ailleurs la part qui m'est ravie?... Ce bonheur fu^tif, que j'espérai lon^-temps, Je ne l'ai point goûté. Seigneur, et je l'atteadsl
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