‹ PoésiesChapitre 53 sur 113 · PREMIERE PARTIE I4I · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE I4I

Moi, je prierai comme eux, debout sous les portiques. Nos Dieux, Daphné, sont bons et joignent en riant La belle vierge émue à l'homme impatient.

Au cher jour que ma main fut prise dans la tienne, Tu mis ton anneau d'or au doigt d'une chrétienne. Un prêtre, ayant chassé les Nymphes d'un ruisseau. Enfant, me baptisa par le sel et par l'eau ; Et je devins ainsi la sœur et la compagne De Celui qui voulut mourir sur la montagne.

La nature des Dieux est obscure, il est vrai.

Gardons-nous d'offenser jamais rien de sacré.

Plus d'un Dieu vénérable, aux lèvres d'ambroisie.

Nous est venu jadis de la terre d'Asie.

Et je crois, car mon cœur n'est ni léger ni vain,

Qu'en Jésus, roi des Juifs, quelque chose est divin.

Mais parce qu'il mourut quand vint la neuvième heure,

Je le nomme Adonis que Cythéréia pleure.

Et je le nomme Hermès, parce qu'il a conduit

Le peuple vain des morts par les champs de la Nuit.

Aime et réjouis-toi de vivre, chère tète.

Dans le port, l'ancre hésite et la voile s'apprête :

Laisse-moi d'un baiser effleurer tes cheveux.

DAPHNÉ

Tu le prendras un jour, ce baiser que tu veux.

Cueillons l'instant fleuri.

Sachons attendre l'heure.

Un souvenir est bon.

DAPHNÉ

L'espérance est meilleure.

HIPPIAS

L'air, les myrtes, tes yeux, tout m'enchaîne, et je pars !

DAPHNÉ

Val nous avons choisi la meilleure des parts. Sois heureux!

HIPPIAS

Tu souris et la livide crainte Sur ton sourire, ô vierge, est tristement empreinte. Tu redoutes pour moi l'avenir hasardeux.

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