PREMIÈRE PARTIE I
D A PU NÉ, en pleurant.
Ah! je songe à la mer et je songe à nous deux!
Je songe aux jours d'absence, aux nuits longues, aux rêves
Tout pleins de ton image inerte sur les grèves.
H I P P I A s , après un long baiser.
Tes pleurs coulaient pour moi, ma lèvre a bu tes pleurs. L'homme sage et pieux ne craint point de malheurs. Après le cours entier d'une changeante année, Daphné, tu reverras ma tête fortunée.
Ami, je t'attendrai de saison en saison. Comme il sied à la femme, au fond de la maison. J'en fais un grand serment : la mort, la mort jalouse, Peut seule en ses longs bras t'enlever ton épouse.
Vis heureuse, 6 Daphné I
DAPHNÉ
Hippias, sois en paix.
Il pari.
Hippias!... sur mes yeux tombe un nuage épais. O tristesse! ô frisson! inexplicable crainte!
SCEItE IV
DAPHNÉ, KALLISTA, portée en litière.
Son ESCLAVE Phrygia l'accompagne.
KALLISTA
Phrygia, soutiens-moi jusqu'à la maison sainte. Je te cherchais, ma fille. Oh ! certes. Dieu n'a pas Sans un profond dessein conduit ici tes pas.
DAPHNÉ
Vois, mère, je cueillais des plantes salutaires.
KALLISTA
Enfant initiée aux augustes mystères.
Quittons la vanité de ces secours humains.
Et pour ma guérison prenons d'autres chemins.
Ma fille, écoute-moi : tu sais bien que ta mère
N'a pas mis son espoir en la vie éphémère,
Que son sein n'est gonflé que du désir des cieux,
Qu'elle trouve à la mort un goût délicieux.
Mais tu sais qu'il n'est pas encor temps qu'elle meure.