‹ PoésiesChapitre 56 sur 113 · PREMIÈRE PARTIE I · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE I

Pour grossir la moisson du mal et de la mort I Certes la veuve est bonne et la vierge est meilleure I Heureux qui, les yeux clos, prie en attendant l'heure ! Heureux qui n'a pas mis son espoir en la chair !

Mère, tu sais le nom de l'homme qui m'est cher. Mon père m'a choisi le jeune époux que j'aime, Hippias de Théra, que tu chéris toi-même. Mais un jour nous viendra plus propice et plus doux, Quand tu seras guérie, à parler de l'époux.

KALLISTA

Enfant, l'amour terrestre est un amour fragile : Les amants sont unis par des chaînes d'argile, Mais la vierge chrétienne, à l'ombre de l'autel, Sait trouver dans l'extase un époux immortel. Alors qu'elle est choisie, épousée aux blancs voiles. Le cœur percé du glaive et le front ceint d'étoiles, Elle entend sur la harpe et le psaltérion Les anges célébrer sa mystique union; Elle boit au festin la grâce à pleins calices. Et goûte avec amour d'ineffables délices A noyer ses regards dans le rayonnement De l'époux dont le cœur saigne, ouvert largement.

Gloire à celle, ô Daphné, qu'un tel maître réclame ! Écoute ce que j'ai résolu dans mon âme.

Ouvrez la porte auguste aux deux battants d'airain, Femmes, je veux parler au Maître souverain.

Elle s'agenouille sur le seuil du temple.

A ta face, ô Seigneur, et dans tes sanctuaires

Le juste vient chercher les vrais électuaires.

Au seuil de ta maison, sous tes sept lampes d'or,

Je t'implore à genoux pour que je vive encor

Et qu'il me soit donné d'achever sur la terre,

Dans le jeûne et l'exil, ma tâche salutaire.

Si tu reçus le vœu de l'antique Jephté,

Ton fils exaucera mon vœu, dans sa bonté.

Je ne lui promets pas de sanglante victime.

Tu recevras, ô Christ, mon holocauste intime.

Je jure sur le Livre inspiré par l'Esprit,

Je jure devant toi, sur le quadruple écrit

De l'Aigle, du Taureau, du Lion et de l'Ange,

De t'offrir une épouse agréable en échange

De ma force rendue et de ma guérison.

Christ 1 je prendrai pour toi l'épouse en ma maison.

Que je vive 1 et l'enfant que tu m'avais donnée,

Daphné, ma fille heureuse, à l'autel amenée,

Pour que soit accompli le plus sacré des vœux,

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