PREMIÈRE PARTIE I
Recevant ton anneau, coupant ses longs cheveux, S'offrira toute à toi, sans qu'un fils de la femme •>. Ait pour elle chanté l'impur épithalame.
O ma mère !
KALLISTA
Elle ira, te prenant pour époux, Consacrer sa ceinture à ton autel jaloux.
O ma mère!
KALLISTA
Et jurer d'une bouche fidèle Que jamais fils d'Adam ne s'approchera d'elle.
O ma mère!
KALLISTA
Il est fait, l'indéliable vœu. Roi d'Orient assis à la droite de Dieu, Christ, ne refuse pas celle que je te donne I
Accorde à son front pur le voile et la couronne, Pour que je sorte un jour de ce monde, les mains Pleines d'œuvres, les pieds usés dans tes chemins, Et pour que devant moi, vers le Seigneur, un ange Porte ma gerbe d'or, dans la céleste grange. Elle est là, tu la vois, mon offrande, en mes bras. J'eus soin de la nourrir pour toi ; tu la prendras I Si dans quatre-vingts jours je suis debout, vivante. Forte comme il convient pour être ta servante. Tu m'auras fait entendre, ô Roi, qu'elle te plaît, La vierge que nourrit ta crainte avec mon lait. Et dans un an, au mois des terrestres vendanges. Je te l'amènerai, doux spectacle à tes anges. Fiancée, ayant mis au doigt l'anneau d'or fin. Belle, et le front voilé pour les noces sans fin.
DAPHNÉ
Romps ce vœu sacrilège, ô ma mère ! délie Ton enfant qui t'adjure et pleure et te supplie Afin de n'être pas prise éternellement Dans le réseau d'un vœu sans accomplissement. Hâte-toi, romps ce vœu, de crainte que j'expie Par ma perte et la tienne une parole impie. Souviens-toi, souviens-toi de ce que j'ai promis, Devant mon père auguste, au plus cher des amis.