‹ PoésiesChapitre 61 sur 113 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Et, s'il s'est endormi songeant à notre amour, Pour qu'il ne sente pas d'amers regrets un jour, Effacez doucement de ses yeux mon image. Qu'il m'oublie 1 Et qu'un soir au hasard d'un voyage, Reçu près d'un foyer tranquille et réjoui, Il y trouve une vierge et l'emmène chez lui, Plus heureuse que moi, mais non certes plus tendre. Ahl s'il m'était permis...

UN CHŒUR LOINTAIN DE JEUNES HOMMES chantant un cpithalame.

Hymen, Hymen aux beaux flancs !

Hespéros se lève.

Viens à nous, la nuit est brève ;

Hâte tes pieds blancs!

Mais il me semble entendre Un invisible chœur et des appels lointains Qui hâtent une vierge à de nouveaux destins.

LE C H Œ U R 5e rapproche.

Accours, la nuit brève est bonne

Et douce aux aveux !

Viens, portant dans tes cheveux

La verte couronne!

DAPHNE

De fleurs pour le festin leur chevelure est ceinte, Car l'épouse a promis et la promesse est sainte.

LE CHŒUR, plus proche encore.

O prince aux sandales d'or.

Hymen, Hyménée!

Reçois la vierge amenée

Qui te craint encor.

Amis, ne venez pas; n'approchez pas, amis. Je ne suis pas parée et, bien qu'ayant promis. Sur mon front négligé les fleurs de marjolaine N'exhalent pas encor leur odorante haleine.

LE CHŒUR suit sa roule et s'éloigne.

La beauté qui brille en elle

Sied à ton dessein :

Hymen, tire de son sein

La vie éternelle !

DAPHNÉ

Où s'en vont loin de moi les chansons et les pas? Les amis de l'époux ne me chercheront pasi

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