‹ PoésiesChapitre 79 sur 113 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

// se lèt'e et fend Us bras.

Daphné ! Daphné ! Daphné I Combien cette heure est belle 1 Ma Daphné, viens, amie, à l'ami qui t'appelle ! Les Dieux bons ont pris soin de nous rejoindre enfin. Verse-moi tes regards, j'en ai soif, j'en ai faim. Sous les astres en chœur c'est un Dieu qui t'envoie ! Je t'apporte, ô Daphné, des paroles de joie. J'annonce ton attente et mes travaux finis. Ton père m'est facile et nous serons unis. Mais quoi? Tu ne parais ni me voir ni m'entendre. Quelle crainte t'enchaîne et glace ta chair tendre? Parle. Ne me fuis pas; cesse de craindre; vois, Je suis ton Hippias; tu reconnais ma voix.

DAPHNÉ, se parlant à elle-même.

Oh ! qu'un ange me jette un pan de sa tunique 1 Pourquoi m'avoir soumise à cette épreuve inique De me montrer celui que je ne dois pas voir? Je veux fuir, me glisser sous le portique noir. Mais comment, malgré lui, gagner la chaste chambre ?

HIPPIAS

Ecoute-moi, je vais, ô vierge aux parfums d'ambre!

Te parler doucement et tu me répondras. Viens, mêlons nos regards, nos paroles, nos bras.

DAPHNÉ

Hôte, tu ne dois pas rester sur mon passage.

HIPPIAS

Le soleil et la mer ont bruni mon visage.

Mais les amis, longtemps disjoints par les destins,

Savent se reconnaître à des signes certains.

Oh I crois-en de tes yeux la jumelle lumière

Où luit le jour de Zeus en sa clarté première,

Jeune fille; crois-en tes oreilles encor,

Où je suspens mes vœux comme des pendants d'or,

Et crois-en le Démon enclos dans ta poitrine,

Qui donne à ta pensée une grâce divine :

Je suis ton Hippias; je tends vers toi les bras.

DAPHNÉ

Hôte, retire-toi, je ne te connais pas.

HIPPIAS

Pourquoi parler ainsi, jeune fille? Serait-ce Qu'un Dieu, t'enveloppant d'une nuée épaisse,

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