‹ PoésiesChapitre 82 sur 113 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Mais non, un Dieu perd ton esprit La terre n'éteint pas l'amour qui la fleurit. Je t'adjure, 6 Daphné 1 par ce bras que je presse. Réponds : Quel Dieu jaloux t'enlève à ma tendresse i

Va! je t'aime. Fuis-moi 1

Je le savais aussi 1 Car la nécessité nous mène en tout ceci. Sens-tu ses bras de fer d'une étreinte divine Sur ma poitrine ardente appuyer ta poitrine?

DAPHNÉ

Je me meurs 1

HIPPIAS

Sois docile à la fatalité, Daphné : c'est là u grâce et c'est là ta beauté.

Ta langueur me paraît plus belle que toi-même. Sois faible, ô mon enfant ; c'est à ce prix qu'on aime.

Fuis.

HIPPIAS

Je ne fuirai pas, certes. J'attendrai là due ta bouche m'ait dit le mal qui te troubla.

DAPHNÉ

Prêtre à la mitre blanche, innocent victimaire 1 De quel prix j'ai payé le salut de ma mère 1

HIPPIAS

Ne crains pas de m'apprendre un mystère sacré.

Indéliable vœu, filet où je mourrai 1

HIPPIAS

De quel vœu parles-tu ? Mon angoisse est profonde.

Page 1