‹ PoésiesChapitre 83 sur 113 · DEUXIÈME PARTIE I · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE I

Hippias! adieu, vis. Je suis morte à ce monde.

HIPPIAS

Tais-toi I n'appelle pas Hermès, Dieu souterrain.

DAPHNÉ

Jésus! divin bélier à la corne d'airain, Qui mènes les agneaux vers la fontaine vive, Par quels affreux désens faut-il que je te suive ! Christ, dauphin éternel de l'éternelle mer. Ne vois-tu point ma nef au sein du flot amer?

HIPPIAS

Que parles-tu de Christ et quelle est ta pensée?

DAPHNÉ

C'est lui qui, malgré moi, t'a pris ta fiancée.

HIPPIAS

Christ voudrait t'arracher à mon amour jaloux?

DAPHNE

On m'a donnée à lui pour qu'il fût mon époux.

HIPPIAS

Que doit-on faire, étant son épouse mortelle?

Vivre comme un petit enfant, et mourir telle.

HIPPIAS

Dieu des Galiléensl Je ne te cherchais pas. O fantôme I tu viens te dresser sur mes pas. Tu lèves contre moi ta droite ensanglantée ! Écoute, Prince impur d'une race infestée : Je respectais ton nom en mon cœur obscurci, Et je ne croyais pas. Christ, grâce à celle-ci, Ce que disent de toi les vieillards et les sages. Je n'ai point écouté la raison, les présages; Je t'ai cru bon, pareil à ces rois de l'éther Qui pensent hautement et pour qui l'homme est cher. Je te connais enfin. Esprit gonflé d'envie, Spectre qui viens troubler la fête de la vie. Mauvais Démon, armé contre le genre humain.

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