‹ PoésiesChapitre 104 sur 341 · A L'HIRONDELLE · texte numérisé non relu

A L'HIRONDELLE

Fille de Pandion, o jeune Athénienne,

La cigale est ta proie, hirondelle inhumaine.

Et nourrit tes petits qui, débiles encor.

Nus, tremblants, dans les airs n'osent prendre l'essor.

Tu voles ; comme toi la cigale a des ailes. 5

Tu chantes ; elle chante. A vos chansons fidèles

Le moissonneur s'égaye, et l'automne orageux

En des climats lointains vous chasse toutes deux.

Oses-tu donc porter dans ta cruelle joie

A ton nid, sans pitié, cette innocente proie? ro

Et faut-il voir périr un chanteur sans appui

Sous la morsure, hélas ! d'un chanteur comme lui !

m. — Évéïius de Paros, Anal. I, p. 16(), Xlll :

j\t91 vcôpa, [j.e)vi6p£7tT£, )>â>,oç XâXov â.çnâXo.Gix

TÉTTty', (f.Tiir^avt Saïxa yepst; T£-/C£ffi , TÔv XàXov à XaXôeffffa, tôv eÛTtxepov à TtTîpôeaaa ,

TÔv ^évov à Çsîva, xôv Qepivov Ôepivâ.

Oùy t xây o ; pi'yî'? ; oO ^àp 8é}j.i;, où6è Stxaiov oXXuffô' û|j.vo7i6)>oui; OjAVOTtôXoiç crxôfxaai. VAntli. Grotii donne cette épigramiue comme d'un auteur incertain.

V. 1 . Pandion avait deux filles : Procné et Philomèle. Térce, roi de Thrace, après avoir épousé Procné, conçoit une passion ciiminelle pour Philomèle, l'enferme dans une grotte, la viole et lui coupe la langue ; mais Philomèle parvient à instruire sa soeur, qui la délivre pendant les fêtes de Bacchus, et toutes deux se vengent en faisant manger à Térée son propre fils. Térée furieux se précipite sur elles l'épée à la main ; mais soudain Philomèle est changée en rossignol, Procné en hirondelle, et Térée en huppe. Voy. Ovide, Met. VI, 412 et sqq. Sur le genre des métamorphoses, les poètes et les commentateurs varient. Cf. Anacréon, XI ; Tzetzcs, Chil. VII, 1 i2 ; Schol. Aristoph. Aves, 210.

V. 2. L'hirondelle est en ed'et l'ennemie redoutable de la cigale (jElien, VIII, vi).

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