‹ PoésiesChapitre 111 sur 341 · V. 5 et suiv. Virgile, GJor''. III, li;j · texte numérisé non relu

V. 5 et suiv. Virgile, GJor''. III, li;j

Primus F.iichtlionius currus et quattuor ausus

Jungorc eqiios, nipidusque rôtis insistcrc viclor.

Frena Pclctlironii LapitliiB gyrnsque Uedcre

Iinpositi dorso, atqiie equitem donicre siib arniis

Insultare solo, et gressus glomerarc supeibos. Cr. Lucrèce, V, 12!)G; Val. Flaccus, Jrg. VII, (i05.

V. 14. L'harmonie de ces vers esl remarqiial)le ; ils soni légers, bomlissiinls comme les coursiers eux-mêmes. — « Maurcr, » soumettre à une mesure , à lui rliyllime.

IV. — Les poètes n'ont jamais traité les satyres avec beaucoup de res|U'(l ; plus loin, nous en verrons un rival d'un bouc; ici le tableau esl plus lelevé : le lival du satyre est Hyagnis. Un joiu', dit la Fable, le rival l'ut un dieu ; cette l'ois le satyre paya son orgueil de sa vie, mais il devait avoir au delà de la l()nd)e la consolation de voir son épitaphe composée par Alcée {Anal. I, p. iSS).

V. 1. Le premier hémistiche est précieux, cl periiu'l en cpu-hpu' sorte de rétablir

ETUDES ET FKAdMENTS 121

Dont Hyagnis (\ilmait ou rendait furieux Le cortège énervé de la mère des dieux, ïl appelle aussitôt, des fanges du Méandre, 5

Les nymphes de l'Asie, et leur dit de l'entendre ; Que tout l'art d'Hyagnis n'était que dans ce Lui; Qu'il a, grâce au destin, des doigts tout comme lui. On s'assied. Le voilà qui se travaille et sue. Souffle, agite ses doigts, tord sa lèvre touffue, 10

Enfle sa joue épaisse, et fait tant qu'à la fin

l'ensemble de l'idylle. On peut se figurer deux bergers se disputant entre eux le prix du chant, ou mieux, chacun des deux bergers fondant sur son talent poétique l'espérance qu'il a de gagner le cœur de son amante. La jalousie s'allume ; ils s'excitent réciproquement; l'un d'eux, pour prouver son talent , rappelle à son rival l'amitié que Mopsus a conçue pour lui, amitié d'artistes, née d'une mutuelle admiration (Mopsus, eu effet, nous est connu comme chanteur et poëte célèbre dans Virgile, Egl. V) ; mais le rival aussitôt lui répond qu'il s'est laissé prendre aux éloges railleurs de Mopsus, et il lui cite l'histoire de ce satyre qui, lui aussi, s'imaginait avoir le talent d'Hyagnis. Au surplus, n'est-ce pas la même pensée que dans le passage de Virgile, Égl. III, 25, oîi Damète se vante d'avoir vaincu Damon, et où Ménalque lui répond :

Cantando tu illum ? aut unquam tibi fistula cera Juncta fuit? Non tu in triviis, indoctc, solebas Stridenli miserum stipula disperdere carmcn ?

et dans le passage de Calpiunius, Égl. VI, 22, où Astylas répond à Lycidas qui se

vante de sa victoire :

Vincere tuquemquami Vel te certamine quisquani Dignetur, qui vix stillantcs, aride, voces Rumpis, et expellis malo singultantia verba ?

« Bérécyntlte, » ville de Phrygie, où se célébraient les mystères de Cybèle, la mère

des dieux (Strabon, X, m, 12). Ronsard, i^/ftwc, appelle Cybèle la Bérccyntldennc.

V. 3. « Hyagnis, » selon Apulée, Flor. III, fut le père et le maître de Marsyas, le joueur de flûte. Voy. Pseudoplut. X, Marsyas, de Fliiviis.

V. 4. Voy. Catulle, de Berecynthia et .4ty. — « Enervé. » 11 est probable que le poëte a pris énervé non pas au figuré , mais au sens réel et physique.

V. 6. Dans le combat d'Apollon et de Marsyas (Apulée, Flor. 111) : « Musie cum Minerva dissimulamenti gratia judicCs adstilere, ad deridendam scilicet nionstri illius barbariem, nec minus ad stoUditatera puniendam. « De même, dans le combat des Muses et des Piérides (Ovide, Met. V, 317), les Nymphes sont juges et s'assoient sur des sièges taillés dans le roc.

V. 8. Hyagnis fut, dit-on, le premier qui imagina de lever et de baisser les doigts sur la flûte. Voy. Apulée, Flor. III.

Le bois résonne et pousse un cri rauque et chagrin.

L'auditoire étonné se lève, non sans rire.

Les éloges railleurs fondent sur le satyre

Qui pleure, et des chiens même, en fuyant vers le bois , lo

Evite comme il peut les dents et les abois.

NÉÈRK E 1^ ClIROMIS

Accours, jeune Chromis, je t'aime, et je suis belle, Blanche comme Diane et légère comme elle , Comme elle grande et fière ; et les bergers, le soir. Lorsque, les yeux baissés, je passe sans les voir. Doutent si je ne suis qu'une simple mortelle. Et, me suivant des yeux, disent : « Comme elle est belle !

V. 12. Dans Calpurnins, Egl. X, (1, des cnfiiiits ([ni ont lioiivé la lli'ilo de Pau

nous oflrent un petit tableau semblable à celui que nous trace André :

Ilanc piieri (tanquam prsedhm pro ("iirminp pnssciit Sumcrc, fasque «ssct calatiios tratlarc (Icoriiin) Invadunl furto : scd nec lesonare canorcni risliila, qiicin suerai, ncc vult contcxore carmen ; Sed pro carminibiis maie dissona sibila rcddit.

V. 15. "^ Dci cli'icns nièrnc. V Ici, selon les grammairiens , wc'/wc devi'ait prendre la niar(|uc du pluriel ; mais le mot même, pour André comme pour nos vieux écrivains, est presque toujours advei'be et Vs finale n'est alors qu'une lettre facultative. Voyez Oénin , Variations du langage français, p. 101 et suiv. Très-souvent dans C.liéuieron trouve cux-méme, noas-me'me el vous-même. Les poètes de l'épocpie d'André offrent de fréquents exemples de cette licence. Le Brun, Oi/e nu jeune Ilnciiie : Ah ! dans ces gouffre^ tmhiie . H sons vos m.iiiis avides.

V. 13. Les Muses (Apulée, Flor. III) traitent avec autant d'irrévérence le pauvre Marsyas : '< Risere Musa- quumaudirenl hoc genus crimina, sa|)ieuli exoptaïuia. ApoUini obji'clala. »

HTUDES ET FRAGMENTS 123

]Néèr(>, ne va point te confier aux flots De peui' d'être déesse, et que les matelots !N invoquent, au milieu de la tourmente amère, La blanche Calatée et la blanche Néère. » lo

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