VIII. Athénée, VIII, xv, p. 359 et 3G
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IX. Le treizième volume * de V Histoire de la Chine , par le Père Mailla, avait paru en 1785. Le passage que remarque Chénier se trouvedans le Chi-King, part. Il, chap. I, ode IV. En 1830 il parut une traduction latine '* de tout ce qui reste du Clii-King. Voici le passage de l'ode IV qui n'est pas tout à fait semblable à la traduction française : « Si celebrandum funus agatur , tune maxime apparet fraternus amor. Si (post pnidium commissumj aceivalim et promiscue jaceant (cadavera) in locis sive praeruptis sive depressis , tune frater hue certe properat (fratris sui cadaver) qiiaîsiturus. »
X. La petite chanson qu'André avait lue dans le treizième volume de V Histoire générale de la Chine, n'est pas une ode du Chi-King; elle se trouvait rapportée dans
(') Le treizième volume est de rabbé Grosier.
{■■) Confucii Chi-King .lire liber carminitm IX /al- J'. Lachannc inicrprclatiunc. Molil , Stiitljjard, isr.ii.
crYao, 235o ans avant Jésus-Christ. C'est une de ces petites chansons que les Grecs appellent scholies : « Quand le soleil comînence sa course, je me riiets au travail; et quand il descend sous l'horizon^ je me laisse tomber dans les bras du sommeil. Je bois l'eau de mon puits, je me nourris des fruits de mon champ. Qu'ai-je à gagner ou à perdre à la puissance de l'Empereur? »
XI. — Est-ce un emprunt, est-ce une idée originale que ces lignes riantes que je trouve parmi les autres, et sans plus d'indication : « O ver luisant lumineux,... petite étoile terrestre,... n& te retire point encore... prête-moi la clarté de ta lampe pour aller trouver ma mie qui m'attend dans le bois ! »
XII. — Pindare , cité par Plutarque au Traité de l'adresse et de l'instinct des animaux, s'est comparé aux dauphius, qui sont sensibles à la musique; André voulait encadrer limage ainsi : " On peut faire un petit quadro d'un jeune enfant assis sur le bord de la mer, sous un joli paysage. Il jouera sur deux flûtes :
Deux fliites sur sa boiiclie, aux autres, aux Naïades,
le Tong-tchî (Histoire pénétrante) , qui était la réduction en un seul corps de toute l'histoire chinoise. Cf. Forlia d'Urhan, Hist. anlédiluvicnne de la Chine, II, p. 147- 148 et 3C2 ; Mémoires concernant les Chinois, XIII, p. 2G8 ; Hisluire générale, de Mailla, préface, p. XLI.
XI. Cette petite pièce a pu lui être inspirée par la XVI" idylle de Bien, qu'il a traduite; peut-être lui a-t-clle été t'ournie par Gessner, la Nuit. Dans ce petit poème allemand, l'amant, apercevant des feux follets s'écrie : « Oui, vous êtes des divinités hienfaisantis, qui daignez apparaître la nuit pour conduire l'amant égaré auprès de son amante qui l'attend avec impatience. . . » Les feux follets disparaissent, et l'amant-poëte poursuit : « Je ne vois plus de feux dans la contrée ténéhreuse : je n'y aperçois plus qu'un petit vermisseau , qui , semblahlc à une petite lampe , brille suspendu à la tige d'une plante... » Ici l'idée, qui n'est pas venue au poète de Zurich, d'invoquer le secours de l'insecte lumineux, a dû Se présenter naturellement à l'esprit d'André, et il y aurait là, à bien examiner, comme une critique de Gcssuer, qui, au lieu de terminer par cette invocation toute poéli(pie, se lance dans ime dissertation mythologique sur la lumière du ver luisant.
XII. Voyez les vers de Pindare ci-dessous, XIII. — [André dans ces notes emploie, à diverses reprises , cette expression : j'en pourrai faire un QCADKO ; cela paraît vouloir dire un petit tableau peint ; car il était peinln; aussi, comme il nous l'a ap|)ris dans tine élégie :
T.'inliit (le mon (liiuraii les timidcx css.iis
Aux Faunes, aux Sylvains, aux belles Oréades, Répètent des amours
Et les dauphins accourent vers lui . »
XIII. — En attendant, il avait traduit, ou plutôt développé les vers de Pindare :
Comme, aux jours de l'été, quand d'tui ciel calme et pur
Sur la vague aplanie étincelle l'azur,
Le dauphin siu- les flots sort et bondit et nage,
S'empressant d'accourir vers l'aimable rivage
Où, sous des doigts légers, une flûte aux doux sons
Vient égayer les mers de ses vives chansons ;
Ainsi. , . .
XIV. — Ailleurs, ce n'est plus le gracieux enfant, c'est Andromède exposée au bord des flots, qui appelle la muse d'André : il cite et transcrit les admirables vers de Manilius à ce sujet, au V^' livre des Astrono-
Avec d'autres couleurs cherclient d'autres succès. Peut-être aussi le poëte n'emploie-t-il, en certains cas, cette expression de QUADUO que métaphoriquement et par allusion à son petit cadre poétique. Saime-Béuve.] — Les deux flûtes , qu'on plaçait en même temps dans la bouche , s'appelaient tihinpares ou tib'uc imparcs, selon qu'elles étaient ou non dans le même ton.
XIII. Pindare, éd. Heyne*, Fragm. XLIX, et Plutarque, deSolert. aniin. XXXVI cf. Qitxst. conv. Vil, v, 2) : AeXçIvi FltvSapoi; àiieixâî^wv éauTov ÈpsOîîJecGat , ^Yiffi'v,
'AXi'ou ôeXçTvoç {iTtôxpiciv,
TÔv [AÈv àxû(iovoç èv tiôvtou TieXà-fEi
aùXwv Èxîvïicrev ÈpaTov [léXoç.
Cf. Oppieu, Pèche, V, 453; Apollonius, Arg. 1, 572; Stace, Silv. 11, il, 119, etc. L'amour du dauphin pour la musique est connu, témoin la fable d'Arion; ce qui ne l'est pas moins, c'est son affection pour l'homme, « Pline le dit, il faut l'en croire. »