‹ PoésiesChapitre 135 sur 341 · LIVRE l — iMEDlTATIONS— VOYAGES iM · texte numérisé non relu

LIVRE l — iMEDlTATIONS— VOYAGES iM

Qu'à ton tour la beauté dont les yeux t'ont soumis Refuse à tes soupirs ce qu'elle t'a promis ; Qu'un rival loin de toi de ses charmes dispose ; Et, quand tu lui viendras présenter une rose, lOO

Que l'ingrate étonnée, en recevant ce don, Ne t ait vu de sa vie et demande ton nom.

O Muses, accourez ; solitaires divines, Amantes des ruisseaux, des grottes, des collines ! Soit qu'en ses beaux vallons Nîme égare vos pas ; Soit que de doux pensers, en de riants climats. Vous retiennent aux bords de Loire ou de Garonne ;

V. 99. De munie Til)ulle, III, vi, 10, voue à l'infidélité de leur maîtresse eeiix qui

ne veulent pas le suivre à de joyeux festins :

Nove neget quisquam , me duce se cotnifem. Aiit si quis vini certanicn mite récusât, Fallat eum tecto cara puclla dolo.

IV. — V. 1 et suiv. [Cette manière d'invoquer les divinités , en les appelant des

différents lieux qu'elles aiment à habiter, est imitée des poètes anciens. Dans V Iliade,

XVI, 514, Apollon est ainsi invo([ué par Glaucus :

KXùfii, âva?, ôç ITOU Auxt/jç £v Titovt Zr\\i.(i)

el;, 'r\ hi\ Tpoîr]

Alcman avait fort employé cette forme d'invocation, comme le témoigne Ménandre le i^ammairien, au troisième chapitre de son traité de l'Elog^e. Il y en a un bel exemple dans Théorrile, Id. I, 123 :

'£2 nàv, llàv, ait' iaaX xax' wpea [laxpà Avixaîw, aXxt tOy' à[j.cpi7ioA£t; [j-s'ya Maîva),ov, svO' iiù. vâaov

Tàv 2liy.£),âv

Claudien, dans ses Invectives contre Rufin, 1, 334, l'emploie avec son faste ordinaire. Aristide, dans son Hymne à Jupiter, appelle en prose poéti(nie les Muses à son aide, soit que dans l'Olympe elles forment avec Apollon un divin concert, soit qu'elles habitent les doctes retraites de Piérie, soit qu'elles dansent en eh(Trnr sur l'Hélicoii de Béotie. Boissoxadk.] Cf. Stace, Theh. I, fi96.

Soit que, parmi les chœurs de ces nymphes du Rhône,

La huie, sur les prés où son flambeau vous luit,

Dansantes , vous admire au retour de la nuit ;

Venez. J'ai fui la ville aux Muses si contraire.

Et l'écho fatigué des clameurs du vulgaire. lO

Sur les pavés poudreux d'un bruyant carrefour

Les poétiques fleurs n'ont jamais vu le jour.

Le tumulte et les cris font fuir avec la lyre

L'oisive rêverie au suave délire ;

Et les rapides chars et leurs cercles d'airain is

Effarouchent les vers, qui se taisent soudain.

Venez. Que vos bontés ne me soient point avares.

Mais, oh ! faisant de vous mes pénates, mes lares,

Quand pourrai-je habiter un champ qui soit à moi !

Et, villageois tranquille, ayant pour tout emploi 20

Dormir et ne rien faire, inutile poëte.

Goûter le doux oubli d'une vie inquiète !

Vous savez si toujours, dès mes plus jeunes ans.

Mes rustiques souhaits m'ont porté vers les champs ;

Si mon cœur dévorait vos champêtres histoires, 2.5

Cet âge d'or si cher à vos doctes mémoires.

Ces fleuves, ces vergers, Eden aimé des cieux

Et du premier humain berceau délicieux ;

L'épouse de Hooz, chaste et belle indigente,

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