LIVRE I — MÉDITATIONS — VOYAGES
Dont ;iii faîte des cieiix le soleil remonté 25
Rafraîchit dans nos bois les chaleurs de l'été. Mais riiiver, accourant d'un vol sombre et rapide, Nous sèche, nous flétrit , et son souffle homicide Secoue et fait voler, dispersés dans les vents^ Tous ces feuillages morts qui font place aux vivants. 30 La Parque, sur nos pas, fait courir devant elle Midi, le soir, la nuit, et la nuit éternelle, Et par grâce, à nos yeux qu'attend le long sommeil, Laisse voir au matin un regard du soleil. Quand cette heure s'enfuit, de nos regrets suivie , 35
La mort est désirable et vaut mieux que la vie. O jeunesse rapide ! ô songe d'un moment ! l^uis l'infirme vieillesse, arrivant tristement,
raison en elle-même esL susceptible de nuances et d'applications infinies ; voy. Virgile, En. VI, 309 ; Horace, Art poét. 60 ; Properce, II, XV, 61 ; J.-B. Rousseau, Od. sacrées, I, IX, etc. La poésie moderne l'a sou\ent reproduite, comparant l'exilé à la feuille qu'emporte le vent.
Y. 29. Éd. 1833 :
Secoue et fait voler, dispersés par les vents. V. .'51 . Mimnerme :
Kiipe; yàp TZ<x^tax-'r\v.a.r5i [AÉXaivat,
r, [aÈv iyouaa téXo; yvipao; àpyaXiou, Y) 0 éxép'/) OavdcToio • [;,ivi)v6a Se •^'viz'za.i. r^&i]^
y.apiioi;, ocrov t' ïtû. yïJv xiovarai r\H\aç,. AOxàp èur)v 5/] toùto xéXo; TtapajjLîîvj/cTai wpr,:,
V. 33. '( Le long sommeil , » c'est le longus soiniiics d'Horace, Otl. 111, XI. Ronsard, y4m. II, XLV, a cette belle expression : « Le dormir de la mort. » V. ?,' . Mimnerme :
i\XX' ôXtyoxpôviov yivexai wffTiep ôvap r,6-/i, TijxTfjîffffa, TÔ S' àpyaXéov xal âjAopçov yripa; ÛTtsp xecpaX-?i; a.'jiiy' inzipv.pé^xa.xcx'., âyOpôv ôjjLÙç xal â(Ti[j.ov, o x' ay'^waxov xiOsï ocvôpot, pXxTtxct ô' à«p8a),[jLoyç xal v6ov à[xçty uO£v. CA. Rufm, ^nal. H, p. 394, XVI ; et le beau chœur de VOEdipe à Coloiie de Sophocle, 1293. Pindare, Pyth. VHI, 135, a dit dans des vers profonds :
Tî Ô£ xi;; xî o' o'j xt; ;
'y/.ià; civap, avôpwuoi
102 ÉLÉ(;iES
Presse d'un malheureux la tête chancelante,
Courbe sur un bâton sa démarche tremblante, 40
Lui couvre d'un nuage et les yeux et l'esprit.
Et de soucis cuisants l'enveloppe et l'aigrit :
C'est son bien dissipé, c'est son fils, c'est sa femme,
Ou les douleurs du corps, si pesantes à l'âme,
Ou mille autres ennuis. Car, hélas ! nul mortel 45
Ne vit exempt de maux sous la voûte du ciel.
Oh ! quel présent funeste eut l'époux de l'Ain-ore,
De vieillir chaque jour, et de vieillir encore,
Sans espoir d'échapper à l'immortalité !
Jeune, son front plaisait. Mais quoi ! toute beauté 50
Cette vieillesse , yôpa; o0>,6[j.£vov , fille de la nuit (Hésiode, Tlicon. 22li) , e'est la
Iriste vieillesse de Virgile, Géorg. III, (iO .
Optinia quœqiic (lies miscris mort;ilibiis aevi Prima fugit; subeuiit mnrbi , tristiscuie sencctns, F,t labor et dur'sc rapit inclenieiitia mortis.
Vers que commente Séiiè(jue, Ep. à Luc. CVIII, eontredisaul nu peu ee qu'il a dit dans le traité de Brevit. vilx. Mais l'homme est inconstant parce (ju'il est enthousiaste ; André lui-même reviendra dans une heure de calme et de saj^esse sur celle élégie, et chantera les charmes de la vieillesse. V. 43. Mimnerme :
rioXXà yàp £V Ouixà) xaxà yivexai, oLVkoxt ô' olxoc
Tp'uj^oùxai, TiîvÎYiç 5' É'py' ôouvripà tiîXsi. "AXXo; 6' au Traîôwv ÈTitoeOeTai, wv xe [xâXiaxo:
Ijieîpwv xaxà yri; epy^Exai el; 'AiSyiv, "AXXoç voÛtov Ijti 0u[j.oç6ôpov, oùSs -n; èttîv àv6pu)7twv, (1) Zeù; (J-ï) xazà TroXXà Siotï). V. M. Mimnerme :
TiOwvw \ù.'i iowxEv iyj.vi xaxov occpOtiov ô V.vjz,
y-fipa;, 0 xai OaviXTO'j piyiov àpyaXi&u
L'Aurore, fpii aimait Tilhou, (ils de Laomédon (Apollodore, 111, Xil), l'enleva el dem;uida à .liipiU'r d'accorderà son amant l'innuortalilé ; mais, comme elle oui)lia de demander pour lui la jeunesse éternelle, 'l'itlion fut xoué à une iinmorlelle vieillesse; voy. Homère, IJyinn. à l'énus, 21!).