V. 53. Mimuerme
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La Fontaine, Fal). VIII, i, représente la vieillesse sous le même aspect :
Plus de goût, pins d'ouïe;
Toute cliose pour toi semble être évanouie ; Pour toi l'iistre du jour prend des soins superflus : Tu regrettes des biens qui ne te touchent plus. IX. — Celle élégie jelte une grande lueur sur le génie d'André, en nous permettant d'observer les évolutions successives de sa pensée , et comment l'imitation conduit un vrai poète à la création. En elFet, elle peut être considérée comme le magnifique prélude de la Jeune Captive. L'élégie de Tibulle, cpii s'encadre ici entre Properce et Virgile, nous peint la situation d'âme du [joëte au seuil de la mort ; c'est la plainte déchirante du génie qui voit la vie, l'avenir prêt à lui échapper, et c'est le même cri de désespoir , transfiguré par la grandeur de l'infortune, qui rejaillira de sou c(cur dans les murs de Saint-Lazare, non plus sous la forme un peu abandonnée
Je ne veux point, couvert d'un funèbre linceuil,
Que les pontifes saints autour de mon cercueil,
Appelés aux accentstde l'airain lent et sombre, 5
De leur chant lamentable accompagnent mon ombre,
Et sous des murs sacrés aillent ensevelir
Ma vie et ma dépouille, et tout mon souvenir.
Eh! qui peut sans horreur, à ses heures dernières,
Se voir au loin périr dans des mémoires chères? lo
L'espoir que des amis pleureront notre sort
Charme l'instant suprême et console la mort.
Vous-mêmes choisirez à mes jeunes reliques
Quelque bord fréquenté des pénates rustiques,
Des regards d'un beau ciel doucement animé, 15
fie l'élégie, mais sous la forme serrée et synthétique de l'ode. Ici la plainte est plus personnelle , et c'est un des caractères de l'élégie ; dans la Jeune Captive , elle est plus générale, plus totalement humaine, ce qui est un des caractères sacrés de l'ode. L'étude attentive et comparée de ces deux élégies donne le secret du génie d'appropriation d'André Chénier. — Le début est de Properce, II, Xlli, 17 : Quandocumque igifur nostros mors claudct ocillos ,
Aceipc, quae serves, funcris acta moi.
Nec mea tune longa spatietur imagine pompii,
Nec tuba sit fati vana querela mei ;
Et sit in exiguo laurus superadilita busto . QuEE tegat exstincti funeris umbra lociini. C.r. Horace, Od. II, xx; Le Brun, Élég. I, ll; et Parny, III, Ma Mort.
V. 13. [Ce mot de reliques (dit André dans ses notes sur Malherbe, p. 94) est beau et sonore ; de plus, employé rarement, il est encore presque tout neuf. C'est pourquoi il ne faut point qu'il soit perdu pour notre poésie. Racine , qui connaissait les véritables richesses et qui ne les laissait point échni)))^-, l'a mis en usage deux fois. Dans Phèdre :
Ces tombeaux antiques
Où des rois ses aïeux sont les froides rvliiines
Piiiis Baja/.et
Dt5jà, sur un vaisseau dans le port préparé.
Chargeant de mon débris les reliques plus chères.
Je méditai ma fuite aux rives étrangères^ Ce dernier exemple est bien beau et bien hardi.] Couinie dans toutes ses notes stn- Malherbe, André oulilie Ronsard, cpii l'a employé dans le Bocage royal, Panégyr. de ta lic.nom., quand il peint le jeune phénix :
(Portant) le lit funèbre el l'odorcuse rendre,
/tcliques de son père