‹ PoésiesChapitre 159 sur 341 · LIVRE I — MÉDITATIONS — VOYAGES · texte numérisé non relu

LIVRE I — MÉDITATIONS — VOYAGES

Mais le printemps revient amollir lein\s entraves, Leur frein s'use et se brise au souffle du zéphyr , 75

Et l'onde en liberté recommence à courir.

De l'art de Pyrgotèle élève ingénieux,

Dont, à l'aide du tour, le fer industrieux

Aux veines des cailloux du Gange ou de Syrie

Sait confier les traits de la jeune Marie,

Grave sur l'améth} ste ou l'onyx étoile 5

Ce que d'elle aujourd'hui les dieux m'ont révélé.

Souvent, lorsqu'aux transports mon âme s'abandonne, L'harmonieux démon descend et m'environne. Chante ; et ses ailes d'or, agitant mes cheveux, Rafraîchissent mon front qui bouillonne de feux. lo

XII *, — La jeune Marie qui est célélirée dans cette élégie ne serait-elle pas, dans la pensée du poète, Marie de Médicis? La pièce pourrait être alors imitée d'un poëte italien, ou d'une poésie latine de l'époque. Le graveur sur pierres fines serait le célèbre Coldoré, valet de chambre de Henri IV. Dans l'ouvrage de Mariette on trouve de lui une gravuie sur jaspe de Marie de Médicis.

V. 1. « Pjrgolèle, » graveur célèbre qui vivait au temps d'Alexandre, et qui partagea avec Apelles, le peintre, et Lysippe ou Polyclète, statuaires, le glorieux privilège de reproduire les traits du cou(|uérant. Voy. Apulée, Flor. VII; Pline, lli.st. nat. VII, xxxvil et XXXVll, l; Valère Maxime, VllI, xi.

V. 8. « Démon, » génie, dieu inspirateur; c'est le oai[x,ajv des Grecs. Tous les poètes français l'ont employé dans ce sens. Régnier, Sat. II : Je ne sais quel démon m'a fiiit devenir poëte.

(■) C'est par erreur que plus haut, p. is«, voulant renvoyer le lecteur à l'élégie sur la vieillesse, nous avons dit : Voyez la P.illnodie, n)ènie livre, /;?^V/. XII ; l'élégie sur la vieillesse est la XV de ce livre, p. i«i.

Il m'a dit ta naissance, o jeune Florentine !

C'est vous, nymphes d'Arno, qui des bras de Liicine

V intes la recueillir ; et vos riants berceaux

L'endormirent au bruit de l'onde et des roseaux :

Et Phœbus, du Cancer hôte ardent et rapide, is

Ne pouvait point la voir, dans cette grotte humide,

Sous des piliers de nacre entourés de jasmin,

Reposer sur un lit de pervenche et de thym.

Abandonnant les fleurS;, de sonores abeilles

Vinrent en bourdonnant sur ses lèvres vermeilles 20

S'asseoir et déposer ce miel doux et flatteur

Qui coule avec sa voix et pénètre le cœur.

Reine aux yeux éclatants, la belle Poésie

Lui sourit et trempa sa bouché d'ambroisie,

Arma ses faibles mains des fertiles pinceaux 25

()ui font vivre la toile en magiques tableaux.

Et mit dans ses regards ce feu, cette âme pure

Qui sait voir la beauté, fdle de la nature.

Une lyre aux sept voix lui faisait écouter

V. 11. Le passage qui suil est reinnrqiialjlo : il retrace nue fiction . inie légende religieuse chère à tous les peuples. Les Nymphes, les Muses, les Grâces du paganisme, n'est-ce pas les Fées de la Germanie qui viennent déposer leurs dons dans le herceau du nouveau-né? C'est l'amour maternel imaginant toutes les délicatesses poétiques et associant les divinités aux destinées de l'enfant. Telle est, dans Pindare, 01. VI, la naissance de Januis, lils d'Évadné et d'A|)oll()u. Cl'. Hésiode, Thcog. 81; Alcmane (ap. IlephiBSt.); Ibycus (Athénée, XIII, U, p. 'M\, F). Telle est la naissance de .lupiter, dans Callimaque, Hymne à Jiip. 40; de Hacchus, dans Ovide, Mat. III, ^\?> ; de l'Amour, dans le Pert'igilium Vetwris. — Ronsard, Soniic/s jionr Hélcnv, XXXVll :

Les œillets et les lis et la rose vermeille

Servirent de berecau ; la nature et les dieux

I,a regardèrenl iiaiire en ce mois gracieuv ;

Puis Amour la nourrit des douceurs d'une abeille.

F,es Muses, Apollon, et les Grùees estoient

Tout à fentour du liet, qui a l'ciny Jettoient

Des (leurs sur ranKclette

V. 29. C'est la lyre qu'Horace invoque, 0<l. III, XI, : » Tesludo, resonarc septein callida nervis. » Pindare, Ném.y, k'-\, l'appelle ô âTtxàYXwffcTo; ç6p(j.iyH.

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