‹ PoésiesChapitre 166 sur 341 · V. 8. Voyez la Biographie · texte numérisé non relu

V. 8. Voyez la Biographie

Ainsi, vainqueur tle Troie et des vents et des flots,

D'un navire emprunté pressant les matelots,

Le fils du vieux Laërte arrive en sa patrie,

Baise en pleurant le sol de son île chérie.

Il reconnaît le port couronné de rochers 5

Où le vieillard des mers accueille les nochers.

Et que l'olive épaisse entoure de son ombre ;

Il retrouve la source et l'antre humide et somhre

Où l'abeille murmure , oii, pour charmer les veux.

Teints de pourpre et d'azin% des tissus précieux 10

Se forment sous les mains des naïades sacrées ;

Et dans ses premiers vœux ces nymphes adorées

XVIll. — V. k. Los détails de cette belle comparaistm sont imités d'Homère , (|iii n'oublie pas, lui, l'aède toujours errant, la coutume touchante d'embrasser, comme une tendre mère, la terre de la patrie. I.orsqu'Ulysse aI)orde à Ithaque, Odyssée, XI! F, .3.'i2 :

Kî'ffaTo 6è yôwv "

yrfirirré'/ t' czp' ËTïEiTa ■/io).ÛT),a; ôïoç 'Oourrcrcù: ,

)(aipa)v Y) yaiY] • xOce 6à Çeiowpov apoupav. CI'. Udjss. IV, 522; V^ 463, etc.

V. .'-11. Imité d'Homère, Oclyss. XIII, 100, dans la description du pori de Phoicvs:

. . . . "EvTOdOev Se ôcvevi ùi(y\xôio jxevouffi

vYiîç £u(7ffeXiJ.oi, oxav opjxou jj.£Tpov ixwvxat.

ACiTap ÈTtl xpaTo; Xijxlvo? Tavûç\j),Xoç i\oû.r\ •

âyy 69i ô' aÙT-ric;, ôcvxpov ÈTtripa'rov, y]£poet8à;,

tpôv vujJLçâwv, a't NïjtâScç y.a),ïovTai.

'Ev Se xpifiTripé; te xal àfj.tpitpopïje; éaai

Xâïvoi" £v6a ô' ETteiTa xiQat6(î)aCTO\j(7i. iJiïXiffca'.. 'Ev S' IcTol Xi'ÔEoi 7r£pt[J.r!X££;. IvOa xt ï\'û[j.çai

çâpe' ûçaîvovxTiv àXmopcpupa, Oaùjj.a ISiaOai. (^e Phorcys, vieillard des mers,c\.à\l, selon Hésiode, Thco^. 2-57, le l'ils de PonI cl de la Terre. Quant à l'antre des Nyni|)lu',s dont parle Homère , et (pie rappelle Cliénier, il a été le sujet de beaucoup de coulioverses. Sirabon , Prol. I, m, 18, ne le voit plus, mais veut croire Honu-re sur parole. Arlémidore d'Lplièse, V, en constate l'existence, et Porphyl-e écrit une longue dissertation, De anlro Nymphaium.

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(Que ses yeux u'osaieut plus espérer de revoii', Oe vivre, de régner lui permettent l'espoir.

O des fleuves français brillante souveraine, 15

Salut ! ma longue course à tes bords me ramène.

Moi que ta nymphe pure en son lit de roseaux

Fit errer tant de fois au doux bruit de ses eaux ;

-Moi qui la vis couler plus lente et plus facile,

Quand ma bouche animait la flûte de Sicile ; 20

Moi, quand l'amour trahi me fit verser des pleurs,

Qui l'entendis gémir et pleurer mes douleurs.

Tout mon cortège antique, aux chansons langoureuses,

Revoie comme moi vers tes rives heureuses.

Promptes dans tous mes pas à me suivre en tous lieux, 25

Le rire sur la bouche et les pleurs dans les yeux,

Partout autour de moi mes jeunes Elégies

Promenaient les éclats de leurs folles orgies ;

Et, les cheveux épars, se tenant par la main.

De leur danse élégante égayaient mon chemin. 30

Il est bien doux d'avoir dans sa vie innocente

Une Muse naïve et de haines exempte.

Dont l'honnête candeur ne garde aucun secret ;

\. 15. André parle de la Seine comme Virgile de l'Éridaii el du Tibre. Catulle , XXXI, revenant de Bithynie, s'écrie, ému à la vue de sa patrie :

Salve, o venusta Sirmio, atque hero gaude ; Gaudete, vosque Lydiae laciis undae ; Ridete quidquid est domi cacliinnomni.

V. 19-22. Ces quatre vers se retrouvent dans une Épitre à Le brun, vers 6l-() i.

V. 20. << La /Itile de Sicile, » c'est la Uùte de Tliéocrile. Virgile, Égl. X, 51 : Pastoris Siculi modulabor avena.

V. 30. Composition charmante qui pourrait vivre sur la toile. N'est-ce pas ainsi (|ue dans Homère, Hjin. à Apollon, 514 , s'avance le dieu de la poésie , sa cithare à la main, tandis qu'autour de lui les Cretois dansent en chantant un Pa-an joyeux .'

Où l'on puisse, au liasard, sans crainte, sans apprêt, Sûr de ne point rougir en voyant la lumière, 35

Répandre, dévoiler son âme tout entière.

C'est ainsi, promené sur tout cet univers,

Que mon cœur vagabond laisse tomber des vers.

De ses pensers errants vive et rapide image,

Chaque chanson nouvelle a son nouveau langage, 40

Et des rêves nouveaux un nouveau sentiment :

Tous sont divers, et tous furent vrais un moment.

Mais que les premiers pas ont d'alarmes craintives !

INymphe de Seine, on dit que Paris sur tes rives

Fait asseoir vingt conseils de critiques nombreux, 45

Du Pinde partagé despotes soupçonneux.

Affaiblis de leurs yeux la vigilance amère ;

Dis-leur que, sans s'armer d'un front dur et sévère,

Ils peuvent négliger les pas et les douceurs

D'une Muse timide et qui , parmi ses sœurs, 50

Rivale de personne et sans demander grâce,

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