‹ PoésiesChapitre 169 sur 341 · LIVRE I — MÉDITATIONS — VOYAGES · texte numérisé non relu

LIVRE I — MÉDITATIONS — VOYAGES

Tel j'étais autrefois et tel je suis encor :

Quand ma main imprudente a tari mon trésor ;

Quand, la nuit, accourant au sortir de la table ,

Si Fanni m'a fermé le seuil inexorable,

Je regagne mon toit. Là, lecteur studieux, 5

Content et sans désirs, je rends grâces aux dieux.

Je crie : « 0 soins de l'homme, inquiétudes vaines !

Oh! que de vide, hélas! dans les choses humaines !

Faut-il ainsi poursuivre, au hasard empoités,

Et l'argent et l'amour, aveugles déités! » lo

Mais si Plutus revient de sa source dorée

Conduire dans mes mains quelque veine égarée ;

A mes signes, du fond de son appartement,

Si ma blanche voisine a souri mollement.

\X. — V. 4. L'édition de 1839 donne à tort :

Si Fanny m'a fermé le seuil inexoiablu. La femme dont il sagit ici n'est qu'une courtisane, comme Giycère , Rose, Amélie, qu'il chante dans les élégies à Camille. 11 ne faut i)as ([ne le lecteur confonde celto Fanni avec la chaste et poétique Fanny de Lucienne. Y. 7 . Perse, Sat. I :

0 curas liominum I O quantum ost in rébus inane! <' Soin, n cura, souci, sollicitude. C'est dans ce sens que Racine emploie presque toujours ce mot *.

Page 1