‹ PoésiesChapitre 196 sur 341 · LIVRE II — CAMILLE '■2V · texte numérisé non relu

LIVRE II — CAMILLE '■2V

\ ieiis me verser la paix et l'oubli de mes maux. 65

Ensevelis au fond de tes dormantes eaux Le nom de Lycoris, ma douleur, mes outrages. Un jour peut-être aussi, sous tes riants bocages, Lvcoris, quand ses yeux ne verront plus le joiu', Reviendra tout en pleurs demander mon amour ; 60

Me dire que le Styx me la rend plus sincère. Qu'à moi seul désormais elle aura soin de plaire ; Que cent fois, rappelant notre antique lien. Elle a vu que son cœur avait besoin du mien. Lycoris à mes veux ne sera plus charmante: 65

Pourtant... O Lycoris! o trop funeste amante! Si tu l'avais voulu, Gallus, plein de sa foi, Avec toi voulait vivre et mourir avec toi.

Mes chants sa venttoutpeindre;accours, viens lesentendre; Ma voix plaît, ô Camille, elle est flexible et tendre. Philomèle, les bois, les eaux, les pampres verts,

V. 56. Horace, Epodes, XIV- » Pocula Lethœos. . . . ducentia sonnios. » V. 60. Lo Fontaine, Fab. XII, XXVI , a imaginé la même fiction lorsque Alcinia- (liire rejoint Daphnis aux enfers :

Cependant de Daphnis l'ombre au Styx dcsceniliu- Frémit et s'étonna , la voyant accourir. Tout l'Erèbe enlendit cette belle homicide S'excuser au berger, qui ne daigna l'ouïr, Pas plus qu'Ajax Ulysse et Didon son perûde. V. U8. Le Brun, s'inspirant comme André de laX''églogue de Viigile, termine ainsi sou élégie sur l'Infidélité d'une amante :

J'eusse été trop heureux si les destins jaloux M'eussent permis de vivre ou d'expirer pour vous. Pensée qui rappelle la chute célèbre d'une ode d'Horace (III, ix) : Tecum vivcrc anicm , tecum obeaui libeiis.

Les Muses, le printemps, habitent dans mes vers.

Le baiser dans mes vers étincelle et respire, s

La source au pied d'argent, qui m'arrête et soupire,

Y roule en murmurant son flot léger et pur.

Souvent avec les cieux ils se parent d'azur.

Le souffle insinuant, qui frémit sous l'ombrage,

Voltige dans mes vers comme dans le feuillage. lo

Mes vers sont parfumés et de myrte et de fleurs.

Soit les fleurs dont l'été ranime les couleurs,

Soit celles que seize ans, été plus doux encore,

Sur ta joue innocente ont l'art de faire éclore.

Va, sonore habitant de la sombre vallée. Vole, invisible é<^ho, voix douce, pure, ailée.

IV. — V. «. Voyez ci-dessus, £%.XXI,47. Cf. Hésiode, Tliéo^^. lOOG; Orphée, Jrg. 383; Piiidare, Pyth. IX, 16 : " 'ApyjpÔTts!;' 'AtppoStta. » La Fontaine, Fah. XI, VI, a dit :

De l'astre au front d'urgent la face circulaire.

V. 13. Comparaison fréquente chez les poètes. Térence, Eitniiclius, 11, IV, 25 :

Color verus, corpus solidum, cl succi plénum. — Auui ? — Jiini scdeciiiu — Flos ipse.

Voyez Le Tasse, Ànitnte, II, 1. — Cette Camille est-elle la Camille de la Lampe ? Certainement non. Ou André a chanté plusieurs femmes sous le nom de Camille, ou M. de Latouche a mis Camille où André avait mis, .soit un autre nom, .soit dos points. v. — V. 1, Archias, yliial. II, p 09 :

'Hyà), âpri(j.a{Yiç èvvaéTSipa vaTtr,;.

Théalétus, Anal. Il, p. 515: » 'H 'OpéffffayXo; 'A/w. » — Tindare, Ol. XIV, i)iie IKclio de porter ju.stpi'aux enfers à Cléomane la nouvelle de la victoire de son lils. liousard. Stances pour Hélène, a dit :

Kcho, lille (le l'air, hoslcssc solitaire Des rochers, (lù souvent tu me vois relirei . V. 2. « f'oi.t ailce; » c'est l'expi'ession lioméricpu^ £7tea TiXipocVTa.

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