V. 27-38. Comparez ce passage avec l'élég. VI du livre L
Ils brillent dans les flots du ruisseau qui s'écoule ; 40
Ils prennent des oiseaux la voix et les couleurs;
Je les trouve cachés dans les replis des fleurs.
Son sein a le duvet de ce fruit que je touche ;
Cette rose au matin sourit comme sa bouche;
Le miel qu'ici l'abeille eut soin de déposer 45
Ne vaut pas à mon cœur le miel de son baiser.
Tout pour elle a des vers ! Ils me viennent sans peine,
Doux comme son parler, doux comme son haleine.
Quoi qu'elle fasse ou dise, un mot, un geste heureux,
Demande un gros volume à mes vers amoureux. 50
D'un souris caressant si son regard m'attire.
Mon vers plus caressant va bientôt lui sourire.
Si la gaze la couvre, et le lin pur et fin.
Mollement, sans apprêt ; et la gaze, et le lin.
D'une molle chanson attend une couronne. 5S
D'un luxe étudié si l'éclat l'environne.
Dans mes vers éclatants sa superbe beauté
Vient ravir à Junon toute sa majesté.
Tantôt c'est sa blancheur, sa chevelure noire ;
V. 40. Voy. la même pensée dans le Tasse, Aminte, II. V. 47-04. Imité de Properce, Elég. Il, i, 5 :
Sivc ill;im Cois fulgenleni incederc coccis,
Hoc totiiiu in Coa veste volumen ent; Seu vidi ad frontem sparsos errarc capillos,
Gaiidct laiidatis ire supirba comis; Sive lyrae carmen digitis percussit ebiiniis,
Miramur, faciles ut prcraat arte iiianus; Scu quum poscenles somnum déclinât ocellos ,
Invenio causas mille poeta novas; Seii nuda ereplo mccum luclatur amictii,
Tune vero longas coiidimns Iliadas; Seu qnidquid fecit , sive est ([uodcumque loqiuila
Maxima de nihilo nascitur liistoria.
Dans la suite Properce dit, comme André, que sa voix se retiise à chanter les exploits des héros.