‹ PoésiesChapitre 235 sur 341 · V. 26. Molière, Tart. V, m · texte numérisé non relu

V. 26. Molière, Tart. V, m

Juste retour, Monsieur, des clioses d'ici -bas :

Vous ne vouliez point croire et Ton ne vous croit pas.

i>&2 ÉLÉGIES

Qu'un amant, par vous-même instruit au changement,

N'oserait, comme vous, abuser d'un serment? 30

En moi c'était vengeance ; à vous ce fut un crime.

A tort un agresseur dispute à sa victime

Des armes dont son bras s'est servi le premier ;

Le fer a droit d'ouvrir le flanc du meurtrier.

Trahir qui nous trahit est juste autant qu'utile, 35

Et l'inventeur cruel du taureau de Sicile,

V. 35. Maxime qu'on rencontre à chaque pas dans les auteurs antiques. Cf. Eschyle, Pz-om. 93G; Sophocle, Electre, 102G; Euripide, Oresie, 11G5. —Racine, Androm. III, i, a dit :

C'est trop gémir tout seul. Je suis las qu'on me plaigne : Je prétends qu'à son tour l'inhumaine me craigne, Et que ses yeux cruels, i pleurer condamnés, Me rendent tous les noms que Je leur ai donnés.

Et dans Mithridate, III, iv :

Trompons qui nous trahit : et pour connaître un traître 11 n'est point de moyens

En effet, se venger d'un trompeur est justice, et même plus, comme dit La Fontaine, II, XV :

Car c'est double plaisir de tromper le trompeur. V. 30. Le passage qui précède et cette belle comparaison sont imités d'Ovide , Art d'aimer, 1, 045 :

Fallite fallenfes ; ex magna parte protanum

Sunt gcnus; in laqueos, quos posuere, cadant

Et Phalaris tauro violenti membra Perilli

Torruit; intelix imbuit auctor opus.

Justus uterque fuit : neque cnim Icv aequior ulla,

Quam necis artifices arte perire sua.

Ergo ut perjuras mcrilo pcrjuria fallant,

Exemplo doleat fcraina l.fsa suo.

Voyez cette même comparaison dans le Dante, D'iv. Com., Enfer, XXVI I. — Perse, Sat. III, 9, a comparé les tortures de la con.science à celles du taureau de Phalaris. — Périllus, dit-on, avait construit un taureau d'airain dans les flancs duquel on devait brûler des victimes; il avait adapté des flûtes aux naseaux de l'animal, par où, s'échappant et se changeant en thrènes mélodieux, les cris du palient devaient charmer les oreilles de Phalaris, tyran d'Agrigente, à qui Périllus (il don de son taureau. Mais Phalaris, pour essayer le taureau, y fit brûler l'inventeur lui-même. Voy. Tzetz. H. I. 040. Cl'. Plularque, Paraît. XXXIX : Pindare, Pylh. I, 185; Lucien, Pliai, prior, XI, XII ; Diodore, XIII, xc. Quand André écrivit ces vers, il est probable qu'il venait de lire Valère Maxime, (pii, au livre IX, dans son chaj)itre II, sur la cruauté, a rapporté l'histoire du lann^au et de PérillaR, ([u'il appelle : « S;evus ille a'ufi lauri invenlor. »

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