‹ PoésiesChapitre 236 sur 341 · LIVRE II — CAMILLE · texte numérisé non relu

LIVRE II — CAMILLE

Lui-même à l'essayer justement condamné, A fait mugir l'airain qu'il avait façonné.

Maintenant, poursuivez : il suffit qu'on vous voie,

\'os filets aisément feront une autre proie ; 40

Je m'en fie à votre art moins qu'à votre beauté.

Toutefois, songez-y, fuyez la vanité.

V ous me devez un peu cette beauté nouvelle ;

\ os attraits sont à moi, c'est moi qui vous fis belle.

Soit orgueil, indulgence ou captieux détour, 45

Soit que mon cœur, gagné par vos semblants d'amour,

D'un peu d'aveuglement n'ait point su se défendre

(Car mon cœur est si bon et ma muse est si tendre!),

Je vins à vos genoux, en soupirs caressants.

D'un vers adulateur vous prodiguer l'encens. 50

De vos regards éteints la tristesse chagrine

Fut bientôt dans mes vers une langueur divine.

Ce corps fluet, débile et presque inanimé.

En un corps tout nouveau dans mes vers transformé,

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