V. 21. Horace, Épor/. XVII
0 marc ! o terra I ardeo
(^)uaiitum ucquc atro delibtitus Hercules Nessi cruore, née Sicana fcrvida Furens in J^tna flamma. . . .
Ronsard, Od. III, X, a paraphrasé cette ode d'Horace; il appelle la tunicpie d'Hercule chemise, ce qui est un anaclironisme de mots; mais il traduit Sicana flamma, dans le goût de Malherbe et d'André, par la fournaise sicilienne.
V. 2.3 etsuiv. Cette belle comparaison, encore reproduite dans une élégie à Fanny, est due à Virgile. — Au surplus toute la fin de cette élégie est imitée de ce magnifique passage de r£«e'We, IV, 69, dans lequel Didon, brûlant d'amour, parcourt toute la ville, en proie à la fureur :
Qualis conjecta cerva sagitta,
(jiiaiii prociil incaiitam nemora inter Cressia fixit
27i ÉLÉGIES
Traîne le plomb mortel qui fait couler son sang;
Ainsi là, dans mon cœur, errant à l'aventure, 2")
Je porte cette belle, auteur de ma blessure.
Marne, Seine, Apollon n'est plus dans vos forêts ;
Je ne le trouve plus dans vos antres secrets.
Ah ! si je vais encor rêver sous vos ombrages.
Ce n'est plus que d'amour. Du sein de vos feuillages, 30
D'.r.., f;uitôme aimé, m'environne, me suit
De bocage en bocage, et m'attire et me fuit.
Si dans mes tristes murs je me cherche lui asile,
Hélas! contre l'amour en est-il un tranquille?
Si de livres, d'écrits, de sphères, de beaux-arts, s.''»
Contre elle, contre lui je me fais des remparts,
A l'aspect de l'amour une terreur subite
Met bientôt les beaux-arts et les Muses en fuite.
Taciturne, mon front appuyé siu' ma main,
D elle seule occupé, mes jours coulent en vain. ^lO
Pastor agens telis, liquilque volaille fer runi
Nescius ; illa (iiija silvas saltusque pciagrat
Dicticos : haerct lateri lillialis ariindo.
Nunc média yEiicam secum per mœnia diitit,
Sidoniasque ostentat opes, urbeinque paralaiii
Illiim absens absenteni aiulil(|iie vid(l(|iie.
Mais Aiulré sait approprier sou style aux sentiments plus doux de l'élégie. — Racine, Plicdre, II, II, s'était déjà divinement inspiré de Virgile :
Depuis près de six mois honteux, désespéré,
Portant partmtt le Irait dont je suh déchiré,