C.onlre vous, contre n\oi, vainement je m'éprouve
Présente, je vous fuis; absente, je vous trouve;
Dans le fond des forêts votre image me suit ;
La lumière du jour, les ombres de la nuit.
Tout retrarc à mes veux le charme que J'évite. Régnier, Clori'i et P/iilis, DiaL, s'est aussi comparé à la biche:
A qui l'on a percé
l,e liane mortellement d'un garot traversé.
Qui fuit dans les forêts, it toujours avec elle
Porte, sans nul espoir, sa blessiire mortelle. Ronsard, au troisième livre de la Franciade, dans la peintuic île la fuieiu- de Clymène, s'était avant Régnier souvenu de Virgile , quoique plus encore, pcut-élie, crKscliyle cl de la lille d'Inachus pi(iuéc par le laou. Pétrar((uc, dans un soiinel : I', quai rcrin fcrilo ili saetia , elc
LIVRK II — D'.R. . 275
Si j'écris, son nom seul est tombé de ma plume ; Si je prends au hasard quelque docte volume, Encor ce nom chéri, ce nom délicieux. Partout, de ligne en ligne, étincelle à mes yeux, .le lui parle toujours, toujours je l'envisage ; 45
D'.r.., toujours D'.r.., toujours sa belle image Erre dans mon cerveau, m'assiège, me poursuit. M'inquiète le jour, me tourmente la nuit. Adieu donc , vains succès, studieuses chimères, Et beaux-arts tant aimés, Muses jadis si chères; 50
Malgré moi mes pensers ont un objet plus doux. Us sont tous à D'.r.., je n'en ai plus pour vous. Que ne puis-je à mon tour, ah! que ne puis-je croire Que loin d'elle toujours j'occupe sa mémoire!
Féuelon, dans son Télcmaque, au livre IV, s'est servi de la même comparaison ; mais, en passant de la poésie de Virgile dans la prose de Féiielon, elle devient froide, longue, et elle serait un exemple qui servirait à prouver qu'il y a entre certaines pensées et la forme poétique un iien qu'on ne peut vainement briser.
V. 52. Voyez, presque le même vers dans le Fragment tpii suit l'idylle de Lyclé.