SUR LA IMORT D'UN ENFANT
L'innocente victime, au terrestre séjour,
N'a vu que le printemps qui lui donna le jour.
Rien n'est resté de lui qu'un nom, un vain nuage,
Un souvenir, un songe, une invisible image.
Adieu, fragile enfant échappé de nos bras; 5
Adieu, dans la maison d'où l'on ne revient pas.
I. — V. 2. Pensées familière aux poètes. Ronsard, ylm.U, ÉU-g-.:
Du monde elle est partie au mois de son prinleui|>s. V. G. « Dans la maison, » expression toute grerque; Homère, //. XXIII, 19 : XaTps \).o'., M nâxpoxXe, xai elv 'Aioao oojj.owiv. Miillierhe, p. ;}!), emploie la même expression pour désigner le eiel : Penses-tu i|ue, plus vieille, en la 7iiaison relcsie i;llc eût en plus d'aceueil 1 (1 D'oii l'o/i /i(i revient pas. » Catulle, III :
Qui nnnc it pcr iter tenobrieosum Illuc, undc negant redire quemquani.
Catulle imitait Philétas de Ces, Anal. Il, p. 524, m :
'ATpaTcèv £Î; 'Aïo^w
Tivucra, Ty)v oûua) tiç èvavTtov yiXOsv ôoîty];. Cl'. Euripide, llerc. fur. 290, 429; Théocrite, Id. XII, 19, et Id. XVII, 120; Ana-
LIVHE III — FANNY 277
Nous ne te verrons plus, quand de moissons couverte La campagne d'été rend la ville déserte ; Dans l'enclos paternel nous ne te verrons plus, De tes pieds, de tes mains, de tes flancs demi-nus, lo
Presser l'herbe et les fleurs dont les nymphes de Seine Couronnent tous les ans les coteaux de Lucienne. L'axe de l'humble char à tes jeux destiné. Par de fidèles mains avec toi promené, IVe sillonnera plus les prés et le rivage. 15
Tes regards, ton murmure, obscur et doux langage, N'inquiéteront plus nos soins officieux; Nous ne recevrons plus avec des cris joyeux Les efforts impuissants de ta bouche vermeille A bégayer les sons offerts à ton oreille. 20
Adieu, dans la demeure où nous nous suivrons tous. Où ta mère déjà tourne ses yeux jaloux.